Prédication du dimanche 20 septembre 2026 par le pasteur Claude Missidimbazi
« Tout ce qui se produit sous le soleil arrive en son temps. Il y a un temps pour enfanter et un temps pour mourir; un temps pour planter et un temps pour arracher ce qui a été planté; un temps pour tuer et un temps pour soigner; un temps pour démolir et un temps pour construire. Il y a un temps pour pleurer et un temps pour rire; un temps pour gémir et un temps pour danser. Il y a un temps pour jeter des pierres et un temps pour les ramasser. Il y a un temps pour embrasser et un temps pour s’abstenir d’embrasser. Il y a un temps pour chercher et un temps pour perdre; un temps pour conserver et un temps pour jeter; un temps pour déchirer et un temps pour coudre. Il y a un temps pour se taire et un temps pour parler. Il y a un temps pour aimer et un temps pour haïr; un temps de guerre et un temps de paix.
Quel profit celui qui travaille retire-t-il de sa peine ? J’ai considéré les occupations pénibles que Dieu a imposées aux humains. Dieu a établi pour chaque événement le moment qui convient. Il nous a aussi donné le sens de l’infini. Pourtant nous ne parvenons pas à connaître l’œuvre de Dieu dans sa totalité. J’en ai conclu qu’il n’y a rien de mieux pour les humains que d’éprouver de la joie et de bien vivre. Lorsque quelqu’un mange, boit et jouit des résultats de son travail, c’est un don de Dieu. J’ai compris que tout ce que Dieu fait existe pour toujours ; il n’y a rien à ajouter ni rien à retrancher. Dieu agit comme cela afin que les êtres humains reconnaissent son autorité. Ce qui arrive maintenant, comme ce qui arrivera plus tard, s’est déjà produit dans le passé. Dieu fait que les événements se répètent. »
Ecclésiaste 3.1-15
« Je me suis appliqué à comprendre comment on pouvait être sage et j’ai observé attentivement les occupations des humains sur la terre. J’ai constaté que, même en restant éveillés nuit et jour, nous ne pouvons pas découvrir comment Dieu agit à travers tout ce qui arrive sous le soleil. Les humains peuvent bien se fatiguer à chercher, ils ne le découvrent pas. Même si le sage affirme qu’il le sait, il n’est pas capable de le comprendre. »
Ecclésiaste 8.16-17
« Tu ne sais pas où va le vent, ni comment se forment les os dans le ventre d’une femme enceinte. Tu peux encore moins comprendre comment Dieu agit, lui qui fait tout. »
Ecclésiaste 11.5
Introduction
Notre texte est le poème le plus célèbre au monde sur le thème du temps.
L’Écclesisaste, le prédicateur commence par une affirmation synthétique : « Il y a un temps pour tout et un temps pour chaque chose sous les cieux », ou dans une autre version « Tout ce qui arrive ici-bas vient au moment opportun, décidé par Dieu Lui-même »
Pour le prédicateur, Dieu a eu une totale souveraineté sur toutes les activités humaines. En effet, le sens de la vie prend sa source dans le contrôle que Dieu exerce sur les évènements et les saisons. Chaque événement sous le soleil a été créé par Dieu dans un but précis.
Tout cela remet l’humanité à sa place : loin d’être maîtresse de son destin et capitaine de son âme, nous devons reconnaître que nous n’avons pas le contrôle et la maîtrise des temps.
Chaque aspect de la vie a son temps. Nous avons donc besoin de recevoir de Dieu le discernement des temps.
L’homme pieu dit à Dieu : « Mes destinées sont dans ta main… » (Psaume 31.16)
Ce poème est une invitation au discernement : dans quel moment de la vie suis-je actuellement, à quoi suis-je appelé dans ce temps que Dieu m’accorde ?
Quel que soit le moment, l’homme n’a pas le pouvoir de modifier le cours naturel des choses.
Mais tout ce que Dieu fait est remarquable, comme le dit le verset 11, l’œuvre des Dieu dans sa totalité est une chose remarquable : « Dieu a établi pour chaque événement le moment qui convient. Il nous a aussi donné le désir de connaître à la fois le passé et le futur. Pourtant nous ne parvenons pas à connaître l’œuvre de Dieu dans sa totalité. » (Ecclésiaste 3.11)
Loin d’être fataliste, le prédicateur en est venu à une juste appréciation de la souveraineté de Dieu sur le temps et l’éternité.
Dans ce magnifique poème, il est question de vérité profonde concernant le caractère de Dieu, concernant le Christ Jésus et aussi nous concernant nous, disciples du Christ.
Dieu est souverain sur le temps et sur tout ce qui s’y passe
La première vérité est tirée du premier verset du poème : « Tout ce qui se produit sous le soleil arrive en son temps. » (Ecclésiaste 3.1)
Rien ne se produit en dehors de la volonté de Dieu.
Le petit catéchisme de Westminster déclare à propos de la providence de Dieu :
- Question : « Qu’entends-tu par la providence de Dieu ? »
- Réponse : « Sa providence sainte, sage et puissante gouverne toutes Ses créatures et toutes leurs actions. »
C’est-à-dire que l’univers porte la marque du gouvernement souverain de Dieu sur lui.
Dieu est le Créateur de toute chose. Et tout Lui appartient. Dieu a la connaissance et la maîtrise de toute existence dont Il est le créateur. Ainsi, non seulement connaît-Il et contrôle-t-Il toute chose, mais de plus Il aime toutes Ses créatures, Se préoccupent de leur sort, tant dans Sa providence ou surveillance au-dessus d’elles, dit le dictionnaire du Judaïsme.
Chaque terme du poème, termes disposés en paires contrastées (enfanter vs mourir, planter vs arracher…), nous donne de comprendre qu’ici toute l’existence humaine est toute entière englobée.
Tous les aspects de la vie humaine sont compris dans les huit premiers versets de notre texte (naître / mourir). Pleurs et rires résument toute la gamme des émotions humaines.
Dieu est le roi du temps. Il régit nos minutes et secondes. Il gouverne tous nos instants et tous nos jours. Rien ne se passe dans nos vies sans la supervision de Dieu.
Tout arrive au moment où cela doit arriver, Dieu place chaque chose en son temps et a sa place. Dieu fait tout au moment opportun.
La souveraineté de Dieu se constate à chaque changement de saisons, à la stabilité de l’univers. Son ordre s’applique à tout. Il contrôle tout.
Dieu a un temps qui convient à chaque chose. Qu’Il nous donne la sagesse de discerner le temps favorable, convenable à chacune de nos actions pour que le résultat soit « magnifique ».
Une autre particularité de ce poème c’est qu’il ne concerne pas que les activités de l’homme mais aussi, voire surtout, les actions que Dieu Lui-même accomplit.
Il veille sur Sa Parole pour l’accomplir (Jérémie 1.12).
Les verbes que nous trouvons dans ces huit versets sont des actions divines avant de devenir des activités humaines.
Par exemple, nous lisons qu’il y a « un temps pour naître et un temps pour mourir », nous comprenons que la vie vient de Dieu (Psaume 139.13)
Nous savons aussi que le temps de la mort est fixé par Dieu. Il exerce une puissance souveraine sur la mort : nous ne vivons pas plus longtemps que ce que Dieu a décidé, ni mourir avant ce qu’Il a décidé (Job 14.5).
Le commencement, la durée et la fin de notre existence relève de l’autorité de Dieu : le Seigneur de la vie exerce une puissance souveraine sur la mort.
Comme pour Son peuple comparé à une vigne qu’Il plante, mais qu’Il arrache aussi quand cette vigne ne porte pas de fruit.
Dieu est un Dieu qui travaille, capable de construire, édifier mais aussi de détruire.
Ce poème montre que Dieu est un Dieu équilibré : Son œuvre complète comprend la création mais aussi la destruction.
Beaucoup de gens aiment penser que Dieu aime, mais oublie que Dieu juge. Ils aiment penser que Dieu plante, mais oublie que Dieu arrache aussi. Le même Dieu qui a fait périr Son peuple rebelle dans le désert, est aussi Celui qui les guérit, panse leurs plaies, et les établit dans le pays promis.
Les deux facettes de chaque paire décrite dans notre passage nous révèlent le caractère complet de Dieu. Tout cela fait partie de la perfection de Dieu.
Il affirme ainsi à Moïse : « Voyez donc que c’est moi qui suis Dieu et qu’il n’y a pas d’autre dieu que moi. C’est moi qui fais vivre et mourir, qui blesse et guéris, et personne ne peut délivrer de ma main. » (Deutéronome 32.39)
Il déclare aussi :
« Tu ne te feras pas de sculpture sacrée ni de représentation de ce qui est en haut dans le ciel, en bas sur la terre et dans l’eau plus bas que la terre. Tu ne te prosterneras pas devant elles et tu ne les serviras pas, car moi, l’Eternel, ton Dieu, je suis un Dieu jaloux. Je punis la faute des pères sur les enfants jusqu’à la troisième et la quatrième génération de ceux qui me détestent, et j’agis avec bonté jusqu’à 1000 générations envers ceux qui m’aiment et qui respectent mes commandements. » (Exode 20.4-6)
Créateur, destructeur, plein d’amour, en colère… Dieu n’est pas seulement l’un, ou l’autre : Il est les deux à la fois selon les moments. C’est là l’équilibre de Dieu et la manifestation de Sa perfection.
Au moment opportun, tout ce qui figure dans ce poème est en parfaite harmonie avec Son caractère : la naissance et la mort, le deuil et le rire, l’amour et la haine, l’exclusion et l’accueil, la guerre et la paix… Tout doit être accepté, en reconnaissant que tout est contrôlé, Dieu est à l’œuvre.
Que Dieu nous donne une vision d’ensemble pour Le connaître, et comprendre notre place dans ce monde.
Le Christ Jésus a tout accompli en temps voulu
Ce texte qui nous enseigne le caractère du Dieu Tout-puissant, nous enseigne également sur le caractère du Christ qui partage toutes les perfections divines.
Si Dieu est souverain sur les saisons, alors le Christ Jésus est le Seigneur du temps.
Lorsque nous contemplons la vie et l’œuvre de Jésus dans les Évangiles, nous voyons un Sauveur qui a toujours su quel était le moment opportun.
La souveraineté de Dieu sur les temps et les saisons se manifeste glorieusement dans la vie et l’œuvre salvatrice du Christ.
Ainsi, concernant Sa naissance, qui a été annoncée d’avance, nous apprenons dans l’épître aux Galates : « Mais, lorsque le moment fixé par Dieu est arrivé, il a envoyé son Fils, né d’une femme et placé par sa naissance sous le régime de la Loi… » (Galates 4.4)
Concernant Sa mort, le Christ a aussi du distinguer quel était le moment fixé : « Jésus leur dit : Mon temps n’est pas encore venu…»(Jean 7.6)
Ce n’est qu’au moment fixé par Dieu qu’Il est mort : « En effet, au moment fixé par Dieu, alors que nous étions encore sans force, Christ est mort pour des pécheurs. »(Romains 5.6)
Et Il est ensuite ressuscité au moment opportun, comme cela devait avoir lieu, le troisième jour.
De Sa naissance à sa mort, jusqu’à Sa résurrection, le Christ Jésus a tout accompli en temps voulu dans son œuvre salvatrice.
Au cours de Son ministère terrestre, le Christ a été parfait, impeccable, équilibré.
Le Christ Jésus savait quand il était temps de guérir, temps de faire un miracle, un signe ou prodige.
Il savait aussi quand il était temps de démolir, comme lorsqu’Il a chassé les marchands du Temple (Matthieu 21.12-13)
Il savait ce qui devait être planté ou arracher : « Il leur répondit : Toute plante que mon Père céleste n’a pas lui-même plantée sera arrachée. » (Matthieu 15.13)
Il connaissait les moments opportuns pour chaque émotion. Il savait pleurer, partager les peines (Jean 11.35). Il savait se réjouir, être rempli de joie (Luc 10.21).
Il savait qu’il y avait un temps pour aller chercher les brebis égarées, et un temps pour rejeter les boucs qui avaient refusé de suivre Son chemin (Matthieu 25.31-46).
Il savait accueillir à bras ouverts les publicains, les prostituées et les autres pécheurs égarés, qui reconnaissaient à quel point ils avaient besoin d’un sauveur. Toutefois, Il savait aussi rejeter les scribes, les pharisiens et autres personnes orgueilleuses, qui ne voulaient pas se repentir (Matthieu 23.33). Il sait bien quand il faut faire preuve de miséricorde et quand il faut manifester de la colère pour s’opposer au mal et à l’injustice.
Il savait également quand il fallait parler et quand il fallait se taire. Il a par exemple souffert en silence dans son innocence, ne prenant pas la parole pour se défendre lors de son procès inique (Matthieu 27.14, Ésaïe 53.7).
Jusqu’au jour de Sa mort, le Christ connaissait le moment opportun pour chaque chose.
Enfin, pour nous le Seigneur nous ouvre une porte d’espérance. Bientôt viendra le temps de la paix, lorsque le Fils de Dieu reviendra pour établir la justice, faire cesser tout conflit jusqu’aux extrémités de la terre : le Prince de paix apportera la paix, le « shalom » de Dieu.
Une leçon à retenir : Faisons confiance au Dieu souverain pour tout ce qui concerne notre vie
L’exemple du Christ Jésus nous appelle à tirer le meilleur parti de notre temps.
La manière dont nous employons notre temps doit nous interpeller.
En tout, nous devons accepter que Dieu est à l’œuvre.
La leçon pour nous est que nous devons faire confiance à Dieu pour tout ce qui concerne la vie.
La Bible nous enjoint à racheter le temps (Ephésiens 5.16).
Si nous voulons racheter le temps, il nous faut d’abord comprendre qu’il y a le temps de Dieu dans lequel il faut rentrer.
Si nous n’entrons pas dans le temps de Dieu, nous serons malheureux.
Recommandons donc notre vie entre les mains du Seigneur qui seul sait tout.
C’est ainsi que le roi David pouvait sincèrement dire : « Je bénirai l’éternel en tout temps » (Psaume 34)
De nombreux événements échappent à notre contrôle, et à notre compréhension.
Mais, il ne faut jamais cesser de faire ce que Dieu nous dit, et lorsque nous sommes confrontés à l’incertitude, nous devons attendre Dieu.
Il ne nous appartient pas de connaître les temps et les moments que le Seigneur a fixés de Sa propre autorité (Actes 1.7), mais nous devons apprendre à attendre, obéir et prier.
Comme le faisait David : « Moi, je suis sûr de toi, Seigneur, je dis : « Tu es mon Dieu ! » Mes jours sont dans ta main… » (Psaume 31.15-16)
Si nous voulons racheter le temps, il nous faut aussi savoir, et accepter le fait que nous sommes programmés pour mourir.
Nous lisons dans l’épître aux Hébreux : « Il est réservé aux êtres humains de mourir une seule fois, après quoi vient le jugement. »(Hébreux 9.27)
Il faut dès maintenant accepter l’offre de réconciliation, répondre positivement à l’appel au salut offert par le Christ.
« En effet, il dit : Au moment favorable je t’ai exaucé, le jour du salut je t’ai secouru. Voici maintenant le moment favorable, voici maintenant le jour du salut. » (2 Corinthiens 6.2)
Faisons donc bon usage du temps que Dieu nous donne : c’est le bien le plus précieux dont nous disposons.
Mettre à profit le temps exige de prendre des décisions sages. Il nous faut demander à Dieu la sagesse nécessaire : « Si l’un de vous manque de sagesse, qu’il la demande à Dieu, qui donne à tous simplement et sans faire de reproche, et elle lui sera donnée. » (Jacques 1.5)
Nous avons besoin de l’aide de l’Esprit Saint, de Sa sagesse pour discerner tous ces temps : Il y a un temps pour pleurer et un temps pour se réjouir avec ceux qui se réjouissent. Il y a un temps pour rebâtir et donner naissance. Il y a un temps aussi pour détruire… Il y a des moments où quelque chose est censé prendre fin : un projet, un ministère, ou même une institution.
Il y a des temps où il faut prendre des décisions difficiles, mais avec la sagesse de Dieu.
Nous avons besoin de sagesse. pour gérer le timing de nos relations : pour savoir quand il est temps d’accueillir quelqu’un et quand il est temps de l’exclure de nos projets, de nos prioritéset parfois même de l’église.
Que Dieu puisse nous bénir comme Il a su le faire pour la tribu d’Issacar : « […] Ils étaient capables de discerner les temps pour savoir ce que devait faire Israël. » (1 Chroniques 12.33)
Faisons notre la prière du psalmiste : « Enseigne-nous à bien compter nos jours, afin que notre cœur parvienne à la sagesse ! » (Psaume 90.12)
À la lumière de la brièveté de notre existence humaine, mais aussi à la lumière de notre espérance en Christ concernant le monde à venir, nous devrions mettre chaque jour à profit.
Faisons en sorte que chaque seconde compte pour le Christ.
Si nous sommes conscients que notre vie est fragile, nous ne vivrons pas de la même manière
Compter nos jours comme il se doit résulte, à la fois d’une transformation intérieure que l’Esprit de Dieu opère au fil du temps, et d’un effort conscient pour utiliser notre temps à la lumière de l’éternité.
Prenons chaque jour que Dieu nous donne comme une grâce. Et apprenons sans cesse à nous souvenir de notre Créateur : « Souviens-toi de ton créateur durant ta jeunesse, avant l’arrivée des jours mauvais, avant d’atteindre les années où tu diras : «Je n’y prends aucun plaisir. » » (Ecclésiaste 12.1)
Soyons déterminé à ne pas gaspiller notre temps, comme souvent on évite de gaspiller notre argent.
Soyons conscient et reconnaissant des petits moments de bonheur, avec nos proches ou autres, prenons le temps de chérir ces moments parfois banals, apparemment insignifiants.
Faisons confiance au Dieu souverain pour tout ce qui concerne la vie. Il nous connaît ! Que Son Nom soit béni !
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