Prédication Culte du 25 octobre 2026 par le Pasteur Claude Missidimbazi
« 5 Ainsi parle le SEIGNEUR : Maudit, l’homme qui compte sur des mortels : sa force vive n’est que chair, son cœur se détourne du SEIGNEUR.
6 Pareil à un arbuste dans la steppe, il ne voit rien venir de bon ; il hante les champs de lave du désert, une terre salée, inhabitable.
7 Béni, l’homme qui compte sur le SEIGNEUR : le SEIGNEUR devient son assurance.
8 Pareil à un arbre planté au bord de l’eau qui pousse ses racines vers le ruisseau, il ne sent pas venir la chaleur, son feuillage est toujours vert ; une année de sécheresse ne l’inquiète pas, il ne cesse de fructifier.
9 Fourbes plus que tout sont les pensées, incorrigibles, qui peut les connaître ?
10 – Moi, le SEIGNEUR, qui scrute les pensées, examine les sentiments, et rétribue chacun d’après sa conduite, d’après le fruit de ses actes. »
Jérémie 17.5-10
« 1 La faute de Juda est écrite avec un burin de fer, à la pointe de diamant ; elle est gravée sur la table de leur cœur et sur les cornes de leurs autels.
2 Comme ils parlent de leurs enfants, ainsi parlent-ils de leurs autels et de leurs poteaux sacrés près des arbres toujours verts, sur les collines élevées.
3 Toi, le dévot des cultes sur la montagne, dans la nature, tes richesses, tous tes trésors, je les livre au pillage, à cause de la faute des hauts lieux sur l’ensemble de ton territoire.
4 Tu feras la grande « remise », seul, éloigné du patrimoine que je t’ai donné. Je t’asservis à tes ennemis dans un pays que tu ne connais pas, car vous avez fait jaillir le feu de ma colère ; il brûle à jamais. »
(Jérémie 17.1-4)
Introduction
Le prophète Jérémie nous apprend une leçon importante : la fidélité dans la tâche que Dieu confie, la confiance en Dieu.
En effet, le prophète a tenu ferme jusqu’à la fin dans sa vocation sans véritables résultats, sans succès visibles durant sa vie sur terre.
À qui faire confiance ? C’est une question vitale.
À qui, à quoi confions-nous notre vie ? Sur quelle base construisons-nous notre vie, notre sécurité, notre identité, voire même notre futur ?
Pour répondre à cette question, le prophète Jérémie met en contraste la confiance en l’homme et la confiance en Dieu. Il utilise en particulier cette image d’un buisson desséché, mis en contraste avec un arbre plein de vie près d’un cours d’eau.
Qu’est-ce que la confiance ?
Ce qui frappe dans le texte hébreux, c’est la force du verbe « batah », qu’on traduit par « mettre sa foi en », « avoir confiance », « faire confiance ».
Ce verbe désigne un acte et non pas une opinion, il désigne un acte d’abandon de tout l’être sur quelqu’un, le fait de s’appuyer de tout son poids sur quelqu’un ou quelque chose.
Il ne s’agit pas simplement d’une croyance, d’une adhésion intellectuelle, mais il s’agit de se reposer, de s’appuyer de tout son poids sur quelqu’un.
Dans l’ensemble de la Bible, la confiance se porte surtout vers Dieu.
La foi biblique s’appuie sur le Rocher éternel qui ne trompe personne !
En effet, un compagnon proche, un parent, un ami, une épouse ne sont pas toujours fiables :
- « Que chacun se méfie de son ami! Ne faites pas confiance à vos frères ! En effet, aucun frère n’hésite à tromper et tout ami propage des calomnies. »(Jérémie 9.4)
- « Ne crois pas à un ami, ne te fie pas à un intime; Devant celle qui repose sur ton sein garde-toi bien d’ouvrir la bouche. »(Michée 7.5)
La Bible nous exhorte à placer notre confiance en Dieu seul : « Placez votre confiance en l’Eternel pour toujours, car l’Eternel, oui, l’Eternel est le rocher perpétuel. » (Esaïe 26.4)
La confiance en Dieu implique une dépendance consentie et une reconnaissance de notre propre faiblesse : on reconnaît qu’on ne peut rien faire si on ne dépend pas de Lui :
- v.5 « Ainsi parle le SEIGNEUR : Maudit, l’homme qui compte sur des mortels : sa force vive n’est que chair, son cœur se détourne du SEIGNEUR. »
- v.7 « Béni, l’homme qui compte sur le SEIGNEUR : le SEIGNEUR devient son assurance. »
- « Sois sûr que je te sauverai et que tu ne mourras pas par l’épée. Ta vie sera ta part de butin parce que tu as eu confiance en moi, déclare l’Eternel. » (Jérémie 39.18 )
La confiance est un acte que l’on pose.
La confiance en Dieu est un comportement, et pas seulement un sentiment.
Le psalmiste par exemple prouve qu’il a vécu quelque chose de concret en faisant confiance en Dieu : « Moi, j’ai confiance en ta bonté, j’ai de la joie dans le cœur à cause de ton salut. Je veux chanter en l’honneur de l’Eternel, car il m’a fait du bien. » (Psaume 13.6)
Le prophète Jérémie lui-même a fait l’expérience concrète de la confiance en Dieu, ce Dieu qui veille à l’accomplissement de ce qu’Il a promis : « La parole de l’Eternel m’a été adressée : « Que vois-tu, Jérémie ? » J’ai répondu : « Je vois une branche d’amandier. » Et l’Eternel m’a dit : « Tu as bien vu, car je veille à ce que ma parole s’accomplisse. »» (Jérémie 1.11-12)
Notre Dieu est vrai, c’est un Dieu vivant, capable d’agir souverainement.
La vie fondée sur la confiance en Dieu est une vie bénie.
Dans le Bible, la confiance et l’espérance sont des jumeaux théologiques. Nous avons des éléments pour croire que ce que Dieu a dit, Il va le faire. Il donne des éléments pour fortifier notre foi.
La Bible nous encourage à faire confiance sur des bases solides : notre confiance est tournée vers Dieu, elle s’appuie sur Dieu.
Ces bases solides sont ces éléments sûrs qui viennent des Saintes Écritures :
- La base de notre confiance en Dieu repose sur l’amour inébranlable de Dieu ; (Psaume 13.6 )
- La base de notre confiance est aussi le Nom très saint de Dieu ; (Psaume 33.21)
- La base de notre confiance repose enfin sur le Salut de Dieu ; (Psaume 78.22)
La confiance est ainsi interpersonnelle : notre personne s’appuie sur la personne de Dieu.
Comment placer notre foi en Dieu seul ?
v.5 «Ainsi parle le SEIGNEUR : Maudit, l’homme qui compte sur des mortels : sa force vive n’est que chair, son cœur se détourne du SEIGNEUR. »
Ce mot« maudit », est fort !
Le prophète Jérémie nous explique que la malédiction est en quelque sorte un choix : le choix de ne pas placer sa confiance en Dieu et en Dieu seul !
La différence entre malédiction et bénédiction c’est l’objet de notre choix. Ce n’est pas une punition divine.
Mettre sa confiance sur un homme c’est construire sur des fondations qui ne tiendront pas toujours parce que l’humain déçoit toujours à un moment donné.
Il ne s’agit pas de dire que les hommes sont mauvais et qu’il ne faut pas avoir de relations avec les gens.
Le prophète Jérémie dit surtout que mettre sa foi ultime dans une créature humaine c’est lui demander ce qu’elle ne peut pas donner. L’homme n’a pas assez de ressources pour qu’on lui confie totalement notre vie.
Nous le reconnaissons au quotidien, nous avons besoin de Dieu pour tenir ferme, Lui Il a les ressources nécessaires.
Le Christ est devenu un être humain et a vécu comme un être humain ici-bas. Il est venu dans notre réalité et l’a vécue. Donc lorsqu’Il nous encourage à placer toute notre confiance en Dieu et non pas dans l’argent, les biens matériels, les humains, le statut social, etc. Il sait de quoi Il parle.
Ces ressources matérielles et humaines sont des écueils dont il faut avoir conscience si nous voulons placer notre confiance qu’en Dieu seul.
En premier, l’argent peut être vu comme une sécurité et saper notre confiance en Dieu. Cette assurance peut faire que la sécurité financière devient cette idole qui remplace Dieu.
L’argent peut donner cette certitude rassurante que si les choses tournent mal, on pourra gérer, et empêche une dépendance totale à Dieu.
Les appuis humains, les relations donnent également, souvent ce sentiment que tout ira bien parce que certaines personnes sont présentes.
Parlons aussi de la bonne santé, le statut social, les diplômes…
Toutes ces choses légitimes deviennent des idoles lorsqu’elles sapent la confiance en Dieu seul.
Celui qui a tout, qui a cette réussite dans les choses de ce monde, ne voit pas l’importance d’avoir Dieu dans sa vie.
Comme dit le verset 5, il n’a pas la vraie vie, il est comme un buisson rabougri, desséché.
Faisons attention à ne pas accumuler ces appuis sur cette terre au risque de ne pas trouver la vraie vie, qui n’est qu’en Dieu.
La fécondité spirituelle : fruit de la confiance et non des efforts
Il y a un contraste entre celui qui compte sur les êtres humains et celui qui se confie en l’É.ternel seul.
Le verset 7 décrit : « Béni, l’homme qui compte sur le SEIGNEUR : le SEIGNEUR devient son assurance. Pareil à un arbre planté au bord de l’eau qui pousse ses racines vers le ruisseau, il ne sent pas venir la chaleur, son feuillage est toujours vert ; une année de sécheresse ne l’inquiète pas, il ne cesse de fructifier. »
Heureux l’homme qui constamment, tous les jours, fait de l’É.ternel son appui.
Le psalmiste dit ainsi : « Heureux l’homme qui place sa confiance en l’Eternel et qui ne se tourne pas vers les orgueilleux et les menteurs ! » (Psaume 40.4)
L’image de l’arbre dans notre passage s’appuie sur le Psaume 1, où il est dit que celui qui trouve son plaisir dans la Loi de l’É.ternel m, et La médite, ressemble à un arbre planté près d’un cours d’eau.
L’homme qui met sa confiance en Dieu n’est pas un buisson, desséché, petit, sans vie, dans le désert mais il sera « comme un arbre planté près de l’eau qui étend ses racines vers le ruisseau ».
Cette homme se trouve dans une situation favorable, cette confiance en Dieu apporte tellement de bienfaits :
- Il continue à toujours porter du fruit, il est plein de vie quelle que soit la saison
- Il est productif et continue à être une bénédiction pour les autres
Une leçon que nous donne le prophète ici est que la vie spirituelle est fondamentalement une question d’enracinement, pas une question d’efforts. Il s’agit d’être planté par Dieu !
L’arbre de notre image ici ne fait pas grand chose d’extraordinaire : le secret de l’arbre ne réside pas dans sa force, ses actions mais dans sa source, c’est là l’image du croyant qui entretient une juste relation avec Dieu.
Ses racines cachées poussent vers la source de vie.
La fécondité spirituelle est le fruit de la confiance et non des efforts : il faut se reposer sur le S.eigneur en tout !
Le prophète ne dit pas qu’il n’y aura pas d’épreuves, que tout sera facile pour la vie d’un homme qui place sa confiance en Dieu.
Le prophète nous enseigne plutôt que les années difficiles surgissent toujours et ce pour tout le monde. Ce qui change c’est l’état intérieur dans lequel on les traverse.
Notre foi est en Dieu : elle ne repose pas sur notre capacité à vivre notre foi.
Ce serait sinon une manière religieuse de nous fier à nous-mêmes.
Un proverbe dit : « Quand les racines sont profondes, il n’y a aucune raison de craindre la tempête. »
Est-ce que nos racines dans le Seigneur sont assez profondes ? Est-ce que notre relation avec le Christ est forte ?
Nous relisons au verset 8, que l’homme qui place constamment toute sa confiance en Dieu est « Pareil à un arbre planté au bord de l’eau qui pousse ses racines vers le ruisseau, il ne sent pas venir la chaleur, son feuillage est toujours vert ; une année de sécheresse ne l’inquiète pas, il ne cesse de fructifier. »
Tout cela, c’est la conséquence naturelle de l’enracinement. C’est le produit d’une relation vivante avec un Dieu vivant !
La confiance en Dieu apporte le fruit, ce n’est pas l’arbre qui essaie de produire les fruits; c’est le fait d’avoir des racines profondes tournées vers Dieu qui fait que naturellement l’arbre se développe et porte du fruit !
La fécondité spirituelle n’est pas le résultat d’efforts soutenus. Prier, lire la Bible, il faut bien sûr le faire. Mais il faut d’abord placer sa confiance en Dieu, et Lui faire confiance en lisant la Bible, en priant, en jeûnant, en faisant du bien, en nous consacrant à Dieu. C’est ce mécanisme, cet état-là qui fait que l’on porte du fruit spirituel.
Les circonstances favorables ou défavorables ne doivent pas nous empêcher d’être vivant, parce que notre foi est cachée dans le Christ Jésus qui est le socle de nos vies.
Le psalmiste montre que tout ce que Dieu fait est toujours fécond : « Les justes poussent comme le palmier, ils grandissent comme le cèdre du Liban. Plantés dans la maison de l’Eternel, ils prospèrent dans les parvis de notre Dieu; ils portent encore des fruits dans la vieillesse, ils sont pleins de sève et verdoyants, pour annoncer que l’Eternel est droit…»(Psaume 92.13-15)
Et c’est le Christ qui nous a choisi pour être fécond : « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, mais c’est moi qui vous ai choisis, et je vous ai établis afin que vous alliez, que vous portiez du fruit et que votre fruit demeure. Alors, ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera. » (Jean 15.16)
Conclusion de cette première partie
Retenons que ceux qui se confient en l’É.ternel tourne leur cœur vers Lui : l’É ternel est leur confiance.
Le contraste est saisissant : la malédiction du verset 5 est mise en contraste avec la bénédiction du verset 7 : « Maudit, l’homme qui compte sur des mortels » et « Béni, l’homme qui compte sur le S eigneur. Le
S eigneur devient sont assurance » !
Celui qui te confie en l’É.ternel de tout son cœur sera comme un arbre qui aura toujours de l’eau à disposition, dit le verset 8. Il ne craindra pas la chaleur, il ne s’inquiétera pas en période de sécheresse. Il est une source de bénédictions pour les autres.
L’arbre du verset 8 s’oppose à l’arbuste du verset 6 :
- L’un est destiné à la vie, l’autre à la mort,
- L’un possède des racines qui lui apportent de la nourriture, l’autre non,
- L’un dispose d’un système qui lui apporte de l’eau en abondance, l’autre non,
- L’un voit le bien, l’autre ne voit rien venir de bon,
- L’un n’éprouve ni crainte ni angoisse, l’autre est toujours désespéré.
Ceux qui placent leur confiance en l’humanité pour trouver la sécurité constateront que leur source de réconfort fait défaut. La seule façon d’éviter ces choses est de se confier entièrement au Seigneur.
La vie fondée sur la confiance en Dieu est une vie bénie.
Mais pour expérimenter la réalité d’un Dieu vivant, il faut oser miser sur Lui.
Quelle que soit notre situation, osons miser sur Dieu !
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