Prédication Culte du 22 février 2026 par le Pasteur Claude Missidimbazi
« 1 Quand Israël était jeune, je l’ai aimé, et d’Egypte j’ai appelé mon fils. 2 Ceux qui les appelaient, ils s’en sont écartés : c’est aux Baals qu’ils ont sacrifié et c’est à des idoles taillées qu’ils ont brûlé des offrandes. 3 C’est pourtant moi qui avais appris à marcher à Ephraïm, les prenant par les bras, mais ils n’ont pas reconnu que je prenais soin d’eux. 4 Je les menais avec des attaches humaines, avec des liens d’amour, j’étais pour eux comme ceux qui soulèvent un nourrisson contre leur joue et je lui tendais de quoi se nourrir. 5 Il ne reviendra pas au pays d’Egypte, c’est Assour qui sera son roi, car ils ont refusé de revenir à moi. 6 L’épée tournoiera dans ses villes, elle anéantira ses défenses, elle dévorera à cause de leurs intrigues. 7 Mon peuple ! ils s’accrochent à leur apostasie : on les appelle en haut, mais, tous, tant qu’ils sont, ils ne s’élèvent pas. 8 Comment te traiterai-je, Ephraïm, te livrerai-je, Israël ? Comment te traiterai-je comme Adma, te rendrai-je comme Cevoïm ? Mon coeur est bouleversé en moi, en même temps ma pitié s’est émue. 9 Je ne donnerai pas cours à l’ardeur de ma colère, je ne reviendrai pas détruire Ephraïm ; car je suis Dieu et non pas homme ; au milieu de toi, je suis saint : je ne viendrai pas avec rage. 10 Ils marcheront à la suite du SEIGNEUR. Comme un lion il rugira ; quand il se prendra à rugir, des fils accourront en tremblant de l’occident. 11 De l’Egypte ils accourront en tremblant comme des moineaux, et du pays d’Assour comme des colombes, et je les ferai habiter dans leurs maisons — oracle du SEIGNEUR. »
Introduction
L’amour de Dieu est indéfectible : il ne peut cesser, il dure toujours, il est éternel, indestructible.
L’amour indéfectible de Dieu pour Son peuple est-il méconnu ?
Le prophète Osée répond à cette question avec ce chapitre que nous lisons.
Le chapitre 11 du prophète Osée est l’un des plus grands chapitres concernant l’amour de Dieu dans le Premier Testament.
Dieu a aimé et continuera d’aimer les pécheurs.
Il aime gracieusement Son peuple même lorsqu’il ne le mérite pas. Même lorsqu’Il doit le châtier pour ses péchés.
Marcher dans l’amour et dans la vérité c’est recevoir ce message : Dieu m’a aimé et continuera à m’aimer même lorsque je continue à Lui être infidèle.
Le prophète ici exploite toutes les ressources du langage pour tenter de sonder la profondeur incompréhensible de l’amour saint de Dieu. Cet amour qui inclut à la fois le jugement et la compassion.
Rappels de la première partie
Nous avons vu en première partie, que l’amour de Dieu, c’est un comportement, ce sont des actes que l’on peut mesurer et vivre.
1. La première vérité par laquelle le prophète Osée nous interpelle (v.1) est que : l’amour de Dieu se démontre dans le fait que Dieu nous a aimés, nous a choisis et nous a appelés.
2. La deuxième vérité que nous recevons du prophète (v.2) est que : Dieu qui nous aime est souvent rejeté par le peuple qu’Il aime.
Aujourd’hui, nous sommes ce peuple qui appartient à Dieu. Dieu nous a choisis dans le Christ : « Il nous a choisis en lui avant la fondation du monde pour que nous soyons saints et irréprochables sous son regard, dans l’amour. Il nous a prédestinés à être pour lui des fils adoptifs par Jésus Christ ; ainsi l’a voulu sa bienveillance. » (Ephésiens 1.4-5)
Aurons nous la même réaction que le peuple du Premier Testament en allant vers d’autres divinités, les Baals ou allons nous rester attachés à Dieu qui nous aime ?
3. La troisième vérité (v.3) est que l’amour indéfectible de Dieu s’exprime aussi dans Son enseignement et Sa guidance.
Dieu, comme un Père, comme une Mère, s’exprime de telle manière que nous soyons touchés par son grand amour : « C’est pourtant moi qui avais appris à marcher à Ephraïm, les prenant par les bras, mais ils n’ont pas reconnu que je prenais soin d’eux. Je les menais avec des attaches humaines, avec des liens d’amour, j’étais pour eux comme ceux qui soulèvent un nourrisson contre leur joue et je lui tendais de quoi se nourrir. »
4. Le prophète nous partage aussi (v.5-7) que l’amour indéfectible de Dieu se manifeste dans le fait que Dieu discipline Son peuple.
« Il ne reviendra pas au pays d’Egypte, c’est Assour qui sera son roi, car ils ont refusé de revenir à moi. L’épée tournoiera dans ses villes, elle anéantira ses défenses, elle dévorera à cause de leurs intrigues… »
Lorsque nous parlons de l’amour indéfectible de D ieu nous parlons d’un amour qui ne peut cesser, un amour qui dure toujours, un amour indestructible, un amour éternel.
Nous croyons que Dieu nous aime et qu’Il nous aimera toujours.
L’amour de Dieu est un amour qui souffre
Aux versets 8 et 9, nous avons une révélation incroyable du cœur de Dieu : l’amour de Dieu est un amour qui souffre.
v.8 « Comment te traiterai-je, Ephraïm, te livrerai-je, Israël ? Comment te traiterai-je comme Adma, te rendrai-je comme Cevoïm ? Mon coeur est bouleversé en moi, en même temps ma pitié s’est émue. »
Malgré tous les soins de Dieu, le Peuple n’arrive pas à rentrer dans le projet de Dieu, à vivre et accepter Son amour.
Pourtant à l’heure du verdict sur Son peuple, au lieu de châtier Son épouse a infidèle, Dieu persiste et signe : « Je t’aime d’un amour éternel ».
Le cœur de Dieu se découvre ici : le cœur de Dieu est troublé, car Il est ouvert à l’homme et souffre de son indifférence.
L’émotion de Dieu est exprimée de façon très humaines, peut être même trop humaines.
Dieu souffre à cause de l’amour qu’Il a pour Son peuple infidèle.
La colère de Dieu découle de Sa sainteté, incompatible avec le péché.
Face à l’infidélité répétée d’un conjoint, la réaction naturelle et humaine est la colère, le rejet, le dégoût.
Mais Dieu ne réagit pas comme un être humain.
Il répète : « Comment te traiterai-je…? » , « Comment te traiterai-je… ? »
Cette répétition révèle le caractère de Dieu. Sa retenue dans Sa sévérité découle de Son désir de miséricorde.
Il évoque le jugement des villes d’Adma et Cevoïm. Ces villes (associées à Sodome et Gomorrhe dans Genèse 10.19) ont connu le jugement de D.ieu. Mais Il ne veut pas Se résoudre à les punir de la même manière : « […] Mon coeur est bouleversé en moi, en même temps ma pitié s’est émue. Je ne donnerai pas cours à l’ardeur de ma colère… » (v.8-9)
Ce qui est frappant dans ce passage, c’est l’intensité personnelle, et même émotionnelle, avec laquelle Dieu se détourne de la vengeance pour se tourner vers la compassion.
La raison qui fait que Dieu ne peut pas rejeter Son peuple découle du « hesed »(« Hesed » est un mot hébreu difficilement traduisible, mais qui parle d’une alliance entre Dieu et Son peuple. Lui-même donne des garanties même pour pallier à l’infidélité de Son peuple.).
Dieu a fait une alliance avec Son peuple et Il ne peut se rétracter. Il S’est engagé, même si l’autre partie se désengage.
v.8 « Mon coeur est bouleversé en moi, en même temps ma pitié s’est émue. »
Dieu affirme qu’Il est offensé par les infidélités de Son peuple, mais dit aussi qu’Il ne peut pas Se désengager parce qu’Il a un pacte d’amour avec lui.
« Je ne donnerai pas cours à l’ardeur de ma colère, je ne reviendrai pas détruire Ephraïm ; car je suis Dieu et non pas homme ; au milieu de toi, je suis saint : je ne viendrai pas avec rage. »
Il est profondément bouleversé, Il ne veut pas exercer Sa colère ardente, une colère légitime.
C’est la sainteté parfaite de Dieu qui garantit Son amour extrême !
C’est Sa sainteté qui est à la base de Sa persévérance de nous aimer d’un amour indéfectible.
Pourtant Sa sainteté ne tolère pas le mal, qui entraîne un jugement automatiquement.
Le péché a transformé la terre sainte que Dieu avait donné à Son peuple, le péché a souillé cette terre. Le péché appelle la mort, et pourtant Dieu fait grâce.
Dieu reste le tout autre : Il ne peut tolérer le péché.
Mais là où Dieu descend, Sa sainteté purifie l’endroit.
Le pouvoir de la sainteté de Dieu, de purifier les impuretés environnantes, ce pouvoir se voit pleinement dans la vie du Christ Jésus.
Ému de compassion, comme Dieu ici est ému de compassion, le Christ pouvait toucher les lépreux et ne pas être infecté, déclaré impur : c’était les lépreux qui étaient purifiés par Jésus.
La sainteté de Jésus Lui permettait de toucher les lépreux, et Sa sainteté était plus puissante que le mal.
Le prophète nous explique ici que la grandeur de notre Salut découle de la Sainteté de Dieu. C’est parce que Dieu est saint et qu’Il peut imposer Sa sainteté à Son peuple, qu’Il peut le sanctifier et le sauver de la destruction qu’exige le jugement.
À cette question du verset 8, « Comment t’abandonnerais-je […] ? », l’apôtre Paul, par le Saint-Esprit, répond dans l’épître aux Romains 8.32 : « Lui qui n’a pas épargné son propre Fils, mais l’a livré pour nous tous, comment, avec son Fils, ne nous donnerait-il pas tout ? »
Le Salut est une preuve que Dieu nous aime : Il nous a choisis, et Son Salut se voit dans le fait qu’Il nous éduque, Son Salut se manifeste dans le fait qu’Il prend soin de nous, Son Salut se manifeste dans le fait qu’Il continue à nous aimer, même lorsque nous échouons.
Les desseins de Dieu ne sont pas soumis aux changements comme ceux des hommes : « Car les dons et l’appel de Dieu sont irrévocables. » (Romains 11.29)
L’amour de Dieu n’abandonne pas Ses enfants lorsqu’ils échouent.
Au moindre péché, Il nous stimule à revenir et à place notre confiance en Lui.
Le rejet répété de Dieu nuit à la relation mais ne détruit pas Son amour profond pour les hommes : Lorsque Ses enfants cèdent à la tentation, sont égarés par d’autres ou se rebellent contre sa volonté, Dieu ne rompt pas immédiatement tout contact et toute attention à leur égard. Il punit Ses enfants rebelle, parce qu’Il les aiment et veut qu’ils puissent être renouvelés et retrouver une communion avec Lui.
Lorsque l’apôtre Paul nous enseigne sur ce qu’est l’amour, il a probablement lu le Premier Testament à propos de l’amour de Dieu. Inspiré par l’Esprit, il enseigne que le véritable amour protège toujours et ne faillit jamais : « Il excuse tout, il croit tout, il espère tout, il endure tout. L’amour ne disparaît jamais… » (1 Corinthiens 13.7-8)
Dès le commencement, aujourd’hui et demain, ce que nous sommes découle de l’amour de Dieu.
L’amour de D.ieu nous donne tout ce dont nous avons besoin pour continuer à vivre.
L’amour de Dieu accomplira Ses promesses
v.10-11 « Ils marcheront à la suite du SEIGNEUR. Comme un lion il rugira ; quand il se prendra à rugir, des fils accourront en tremblant de l’occident. De l’Egypte ils accourront en tremblant comme des moineaux, et du pays d’Assour comme des colombes, et je les ferai habiter dans leurs maisons — oracle du SEIGNEUR. »
Le prophète Osée ne dit rien sur le pardon des péchés ici, ou sur la manière exacte dont Dieu transformera Son peuple, mais Dieu va assurément le faire !
L’amour de Dieu accomplira Ses promesses : Dieu fera ce qu’Il a promis de faire.
L’amour de Dieu n’est pas éteint par les échecs ou les infidélités humaines.
Dieu agit parce qu’Il nous aime.
Son amour implique un engagement total de Sa volonté. Son amour parle de passion, de sentiment, d’une grande émotion.
L’amour divin n’est pas fondé sur des engagements qui disparaissent du jour au lendemain, mais il s’agit d’une puissance irrationnelle, irrésistible, inexplicable et paradoxale car imméritée.
L’amour selon Dieu nous parle d’un don gratuit d’amour à une autre personne pour prendre soin d’elle, lui pardonner et la protéger sans condition ni contrainte.
Le langage humain ne peut pas cerner de manière adéquate le concept d’amour divin.
Il ne peut que pointer du doigt les actes, les preuves de cet amour avec émerveillement, et y répondre soit par de l’incrédulité, soit par une acceptation chaleureuse et la paix.
Dieu aime gracieusement Son peuple, même lorsqu’il ne le mérite pas.
En fait, personne ne peut mériter l’amour de Dieu : ni le saint le plus saint, ni le pire des pécheurs. C’est toujours un don gratuit accordé à ceux qui n’en sont pas dignes !
L’amour de Dieu est fermement loyal envers ceux qu’Il aime : c’est une garantie extraordinaire !
Parce que Dieu nous aime, Il ira jusqu’au bout avec nous. Et Sa sainteté fera sa part pour que nous soyons trouver dignes de Son amour.
L’amour de Dieu entraîne la transformation des gens et l’accomplissement de Ses promesses.
Rien ne peut contrecarrer le plan de Dieu qui consiste à aimer Ses créatures.
Nous devons voir l’amour de Dieu dans Son élection, Son Salut, Sa guidance, Sa protection, Son espérance qu’Il nous donne pour l’avenir !
Conclusion
Pour finir, rappelons nous cet hymne de l’apôtre Paul :
« Qui nous séparera de l’amour de Christ ? Serait-ce la détresse, l’angoisse, la persécution, la faim, le dénuement, le danger ou l’épée ?
De fait, il est écrit : C’est à cause de toi qu’on nous met à mort à longueur de journée, qu’on nous considère comme des brebis destinées à la boucherie.
Au contraire, dans tout cela nous sommes plus que vainqueurs grâce à celui qui nous a aimés.
En effet, j’ai l’assurance que ni la mort ni la vie, ni les anges ni les dominations, ni le présent ni l’avenir, ni les puissances, ni la hauteur, ni la profondeur, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur. » (Romains 8.35-39)

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