Prédication culte du dimanche 31 mai 2026 par le pasteur Claude Missidimbazi
« 4 Femmes infidèles ! Ne savez-vous pas que l’amitié envers le monde est hostilité contre Dieu ? Celui qui veut être ami du monde se fait donc ennemi de Dieu. 5 Ou bien pensez-vous que ce soit pour rien que l’Ecriture dit : Dieu désire jalousement l’esprit qu’il a fait habiter en nous ? 6 Mais il fait mieux pour se montrer favorable ; voilà pourquoi l’Ecriture dit : Dieu résiste aux orgueilleux, mais se montre favorable aux humbles. »
Jacques 4.4-6 Traduction œcuménique de la Bible
« Mais je vous exhorte, frères, par notre Seigneur Jésus Christ et par l’amour de l’Esprit, à combattre avec moi par les prières que vous adressez à Dieu pour moi… »
Romains 15.30 Traduction œcuménique de la Bible
Introduction
L’auteur Jacques est d’une franchise extraordinaire lorsqu’il s’adresse à ses destinataires : « Adultères ! Ne savez-vous pas que l’amour du monde est inimitié contre Dieu ? » (v.4)
Il les traite d’épouses infidèles, d’adultères, d’infidèles au Seigneur. Être adultère c’est être loin de Dieu et sous-entend le fait d’adorer des idoles.
Il pose la question au verset 4 : « Ne savez-vous pas que l’amitié envers le monde est hostilité contre Dieu ? »
Le péché en entrant dans le monde a fait que ce dernier est devenu désordonné, rebelle et distant de Dieu, à cause de la relation brisée de notre ancêtre Adam avec le Seigneur.
Le monde ici désigne la réalité de l’humanité pécheresse organisée en masse sous la puissance du dieu de ce monde, sous l’emprise de l’esprit du mal : « Nous savons que nous sommes de Dieu, mais le monde tout entier gît sous l’empire du Mauvais. » (1 Jean 5.19)
Ce monde, éloigné de Dieu, en rébellion contre Lui, est condamné par sa nature et par ses actes impies.
L’auteur nous pousse à reconnaître qu’elle est notre allégeance : qui sera notre maître, à qui allons nous donner notre obéissance ?
v.4 « Adultères que vous êtes! Ne savez-vous pas que l’amour pour le monde est synonyme de haine contre Dieu ? »
Jacques montre à ses lecteurs qu’ils sont dans un triangle amoureux et que ce n’est pas possible d’être en même temps l’Église, l’épouse de Jésus-Christ et avoir un autre amant, le monde.
Notre relation avec le monde est un indicateur de notre relation avec Dieu.
Nous lisons dans la première épître de Jean : « N’aimez pas le monde ni ce qui est dans le monde. Si quelqu’un aime le monde, l’amour du Père n’est pas en lui… » (1 Jean 2.15)
Que signifie aimer le monde
L’Écriture souligne que «… tout ce qui est dans le monde — la convoitise de la chair, la convoitise des yeux, et la confiance orgueilleuse dans les biens — ne provient pas du Père, mais provient du monde. » (1 Jean 2.16)
Le monde a ses désirs et ses convoitises qui sont éphémères et qui vont disparaître, mais celui qui pratique la Parole de Dieu demeure éternellement.
Le Christ est venu dans ce monde pour donner Sa vie. Il n’est pas venu pour consommer ce qu’il y a dans ce monde.
Il y a un amour qui donne, qui vient de Dieu. Et un « amour » qui consomme, qui ne vient pas de Dieu.
L’apôtre Paul dans l’épître aux Romains nous rappelle que le chrétien ne doit pas se conformer à la mentalité, à la façon de voir et de vivre de ce monde : « Ne vous conformez pas au monde présent, mais soyez transformés par le renouvellement de votre intelligence, pour discerner quelle est la volonté de Dieu : ce qui est bien, ce qui lui est agréable, ce qui est parfait. » (Romains 12.2)
Lorsque l’intelligence est renouvelée, nous ne échappons à l’influence corrompue de ce que le monde propose. Le chrétien devient un anti-conformiste.
Le disciple du Christ amène une contre culture : la culture du Christ, avec ses idées, ses valeurs, ses passions qui sont distinctes de ce qu’il y a dans le monde.
Le chrétien appartient à Dieu et ne doit pas vivre comme si il appartenait au monde.
L’auteur de notre passage nous rappelle que nous ne devons jamais avoir d’autres dieux devant Dieu.
La vraie religion commence par accepter comme règle de vie de ne pas avoir d’idole devant Dieu.
L’apôtre Paul qualifie la convoitise, la cupidité d’idolâtrie : « Faites donc mourir ce qui en vous appartient à la terre : débauche, impureté, passion, désir mauvais et cette cupidité, qui est une idolâtrie. » (Colossiens 3.15)
Convoiter les possessions de ce monde, des relations, un statut social, des réussites… tout cela entre dans le domaine de l’idolâtrie. Car ces éléments sont des dieux qui influencent notre manière de vivre.
L’Église est considérée comme l’épouse du Christ, une nation mise à part pour être une bénédiction, pour éclairer les ténèbres de ce monde.
Mais comme pour le peuple hébreux qui se détournait à chaque fois de Dieu après les baals et les astartés, nous aussi dans notre temps présent nous avons des idoles.
On peut souvent les réunir sous le trio suivant : le plaisir, les possessions et la possession.
Quiconque se laisse diriger par ces choses devient un idolâtre.
Ce que nous recherchons, aimons, adorons, que nous servons, ce qui nous contrôle est toujours notre idole.
Nous sommes ce que nous aimons.
Aimer le monde c’est ne pas aimer Dieu
v.4 « …Celui qui veut être ami du monde se fait donc ennemi de Dieu. »
Qu’est-ce que nous aimons le plus ?
Sommes nous toujours plus amoureux du monde ? Ou bien l’amour et le service du Seigneur comptent ils de plus en plus pour nous ?
Notre manière d’utiliser l’argent, la manière de répéter les mêmes pratiques que celles de ce monde, la manière de mettre la famille avant Dieu, ou la manière de ne pas respecter l’Église sont par exemple des indices qui montrent qu’elle est notre relation avec le monde.
Cela peut être des gens, cela peut être un cadre de vie, ou peut être une profession, mais l’idolâtrie peut être omniprésente et nous tenir prisonnier sans qu’on s’en rende compte.
Le Seigneur veut notre loyauté, notre fidélité, notre allégeance sans limite.
Le Christ Jésus nous a averti : nous ne pouvons servir deux maîtres à la fois.
Il est impossible de donner la même attention à deux maîtres : « Nul ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez servir Dieu et l’Argent. » (Matthieu 6.24)
En amont du passage que nous lisons aujourd’hui, Jacques parle du fait que les chrétiens auxquels il s’adressait se querellaient sans cesse. Et il dénonce particulièrement le fait que ces derniers priaient Dieu pour qu’Il les bénisse pour satisfaire leurs convoitises : « D’où viennent les conflits, d’où viennent les combats parmi vous ? N’est-ce pas de vos plaisirs qui guerroient dans vos membres ? Vous convoitez et ne possédez pas ; vous êtes meurtriers et jaloux, et ne pouvez réussir ; vous combattez et bataillez. Vous ne possédez pas parce que vous n’êtes pas demandeurs ; vous demandez et ne recevez pas parce que vos demandes ne visent à rien de mieux que de dépenser pour vos plaisirs. »(Jacques 4.1-3)
Même leurs prières montraient leur attachement au monde. Ils étaient ennemis de Dieu par leur attachement au monde.
L’amour de l’Esprit nous aide à lutter contre l’attachement au monde
v.5 « Ou bien pensez-vous que ce soit pour rien que l’Ecriture dit : Dieu désire jalousement l’esprit qu’il a fait habiter en nous ? »
D’un côté l’auteur nous interroge sur notre allégeance, mais de l’autre côté il nous demande de réfléchir : nous ne pouvons avoir d’amant (une idole) car le Seigneur fait habiter Son Esprit en nous.
L’Esprit aspire avec envie à notre loyauté et à notre dévotion totale envers Lui. Il revendique à juste titre notre amour sans partage, et ne tolère aucun rival pour notre affection, car c’est Lui qui scelle notre rédemption.
Le désir de Dieu est que nous vivions selon l’Esprit qu’Il fait habiter en nous. Il nous Le donne pour que nous puissions être un peuple à part qui éclaire les ténèbres autour de nous.
L’apôtre Paul parle de « l’amour de l’Esprit »dans l’épître aux Romains : « Mais je vous exhorte, frères, par notre Seigneur Jésus Christ et par l’amour de l’Esprit, à combattre avec moi par les prières que vous adressez à Dieu pour moi… » (Romains 15.30)
L’Esprit du Seigneur est sur nous pour apporter la différence. Cet Esprit, c’est un esprit qui aime. L’amour de l’Esprit est éternel, immuable, il ne change pas. L’amour de l’Esprit est libre et souverain.
Reconnaître à qui nous donnons notre allégeance aide à combattre l’esprit du monde.
Reconnaître que l’Esprit Saint nous aime aide à combattre l’esprit du monde.
Reconnaître que l’Esprit que Dieu nous a donné, et qui est le garant de notre salut, a une jalousie saine et ne peut jamais tolérer que nous ayons le monde comme amant, nous aide à combattre l’esprit du monde.
Conclusion
Pour échapper à l’influence d’un autre seigneur, il s’agit de revenir à Dieu et de s’humilier en s’attendant à Lui.
Arrêtons de donner autant d’énergie à nos idoles, nous perdons beaucoup de force avec ces amants spirituels. Nous avons malheureusement épousé la culture, la mentalité, la tolérance de ces divinités. Et cette attachement ne peut disparaître, qu’en revenant à Dieu dans l’humilité. Prions pour que le Seigneur nous pardonne d’avoir été infidèle et ne plus être sous son influence à Lui.
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