Prédication Culte du 13 septembre 2026 par le Pasteur Claude Missidimbazi
« L’homme s’unit à Ève, sa femme. Elle devient enceinte et elle met au monde Caïn. Puis elle dit : « Avec l’aide du SEIGNEUR, j’ai donné la vie à un petit d’homme ! » Elle met aussi au monde Abel, le frère de Caïn. Abel devient berger, et Caïn cultive la terre.
À la fin de l’année, Caïn apporte quelques récoltes du champ. Il les offre au SEIGNEUR. De son côté, Abel apporte les premiers agneaux de son troupeau. Et il offre au SEIGNEUR les meilleurs morceaux. Le SEIGNEUR reçoit avec plaisir Abel et son offrande. Mais il ne reçoit pas Caïn, ni son offrande. C’est pourquoi Caïn est très en colère. Son visage devient sombre de tristesse. Le SEIGNEUR dit à Caïn : « Tu es en colère et ton visage est triste. Pourquoi ? Si tu agis bien, tu peux te remettre debout. Si tu n’agis pas bien, le péché est comme un animal couché à ta porte. Il t’attend en cachette, prêt à t’attraper. Mais toi, sois plus fort que lui. »
Caïn dit à son frère Abel : « Sortons ! » Dehors, dans les champs, Caïn se jette sur son frère Abel et il le tue. Alors le SEIGNEUR dit à Caïn : « Où est ton frère Abel ? » Caïn répond : « Je ne sais pas. Est-ce que je suis le gardien de mon frère ? » Le SEIGNEUR continue : « Qu’est-ce que tu as fait là ? J’entends la voix du sang de ton frère. Dans le sol, elle crie vers moi pour demander vengeance. Le sol s’est ouvert pour recevoir le sang de ton frère que tu as tué. Eh bien, maintenant, ce sol te maudit. Quand tu le cultiveras, il ne te donnera plus ses richesses. Tu iras toujours d’un endroit à un autre, et tu ne pourras jamais t’arrêter sur la terre. » Caïn dit au SEIGNEUR : « Ma punition est trop lourde à porter. Aujourd’hui, tu me chasses de la bonne terre. Je vais être obligé de me cacher loin de toi. J’irai toujours d’un endroit à un autre, et je ne pourrai jamais m’arrêter sur la terre. Et celui qui me trouvera pourra me tuer. » Le SEIGNEUR répond à Caïn : « Mais non ! Si quelqu’un te tue, il faudra tuer sept personnes, pour que tu sois vengé. » Et le SEIGNEUR met une marque sur Caïn. Alors celui qui le rencontrera ne pourra pas le tuer. Caïn part loin du SEIGNEUR. Il va habiter au pays de Nod, à l’est d’Éden. »
Genèse 4.1-16
Introduction
La jalousie à cause la perte de l’humanité depuis ses origines. Ce monstre lorsqu’il se déchaîne détruit tout sur son passage.
Lorsque nous laissons le péché envahir nos vies il prend de l’ampleur. Nous devons donc réagir lorsque le S eigneur nous donne l’opportunité de redresser la situation.
Souvent le péché commence par nos attitudes avant de se traduire en actes. Il est ainsi possible de causer la ruine de ceux que nous envions sans jamais lever la main directement sur eux, simplement par des critiques, des calomnies, des remarques sarcastiques, ou une bénédiction que l’on ne veut pas donner.
La jalousie, si elle n’est pas traitée dans notre cœur, finira par nous submerger.
Le professeur Harold Kallemeyn a écrit l’ouvrage « La jalousie qui détruit » explore comment ce sentiment destructeur, présent dans toutes les cultures et à toutes les époques, bloque le développement des individus et des peuples. Il parle notamment de Kouroussa, une ville de la république de Guinée. Cette ville, représentative de bien d’autres localités dans le monde, n’est pas un cas particulier. Elle avait la triste réputation d’être un lieu où régnait la jalousie.
Ses habitants réagissaient très mal aux avantages et aux succès des autres.
Par exemple, ils ne supportaient pas que leur voisin puissent construire une maison meilleure que la leur. Lorsqu’un jeune avait l’audace de construire une maison, s’éloignant des standards traditionnels, à étage, avec un toit en tôle plutôt que de la paille, pour la rendre plus imperméable, ses voisins lui faisaient subir toutes sortes d’exactions. La ville avait acquis une mauvaise réputation. Les cadres fonctionnaires en particulier ne voulaient pas y être affectés. Personne n’avait envie d’y emménager. Et pour ces raisons, cette ville n’a pas pu se développer comme les autres villes de la région.
Pour le professeur, le passé de Kouroussa est devenu une image du cœur humain.
Cette ville sert à illustrer à quel point la jalousie peut faire du mal aux individus et à la société. Comme une épidémie virulente, elle infecte et gâte tout sur son chemin : les amitiés, les familles, les églises, les pays…
« Elle ravage l’âme du jaloux aussi bien qu’elle fait du tort à ses victimes. »
Le fonctionnement de la jalousie
Le récit biblique de Caïn et Abel décrit le fonctionnement de la jalousie et ses conséquences désastreuses.
v.3-4 « À la fin de l’année, Caïn apporte quelques récoltes du champ. Il les offre au SEIGNEUR. De son côté, Abel apporte les premiers agneaux de son troupeau. Et il offre au SEIGNEUR les meilleurs morceaux. Le SEIGNEUR reçoit avec plaisir Abel et son offrande. »
Caïn et Abel se présentent devant Dieu avec des présents. La jalousie débute au moment où devant Dieu, on commence à se comparer.
L’offrande d’Abel a été jugée meilleure que celle de Caïn. Au lieu de se réjouir pour son frère, Caïn est déçu.
La jalousie commence ainsi lorsqu’on se met à se comparer aux autres.
v.5 « Mais il ne reçoit pas Caïn, ni son offrande. C’est pourquoi Caïn est très en colère. Son visage devient sombre de tristesse. »
Lorsque Caïn se compare à son frère, il devient triste, et se remplit de colère et il se sent défavorisé par rapport à Abel. Cela l’empêche d’admirer l’excellence de l’offrande d’Abel. Il en veut à Abel d’avoir obtenu ce que lui voulait. Pourtant, ce n’est pas la faute d’Abel, c’est Dieu qui regarde et qui accueille.
v.6-7 « Le SEIGNEUR dit à Caïn : « Tu es en colère et ton visage est triste. Pourquoi ? Si tu agis bien, tu peux te remettre debout. Si tu n’agis pas bien, le péché est comme un animal couché à ta porte. Il t’attend en cachette, prêt à t’attraper. Mais toi, sois plus fort que lui. »»
Le Seigneur parle ici du péché comme un animal féroce guettant tout près pour dévorer. Fais attention : cette bête sauvage en toi est dangereuse !
L’apôtre Pierre semble y faire allusion dans sa première épître : « Soyez sobres, restez éveillés ! Votre ennemi, l’esprit du mal, est comme le lion qui rugit. Il va partout et cherche quelqu’un à dévorer. » (1 Pierre 5.8)
L’injonction du Seigneur est de ne pas laisser la jalousie se déchaîner, de ne pas la laisser nous envahir.
Dans certaines langues, le mot que l’on traduit par « jalousie », veut dire littéralement « regarder avec un oeil mauvais ». Le regard du jaloux est mauvais car celui-ci ne peut pas supporter le bonheur, les succès et les avantages des autres.
Comme le souligne le professeur Kallemeyn, quand une personne jalouse n’arrive pas à surmonter ses sentiments négatifs, sa jalousie l’incite à un comportement destructeur contre autrui et, finalement, contre lui-même.
Dieu donne à Caïn la solution, il lui indique qu’il n’est pas trop tard pour bien faire : il peut encore bien agir, surmonter sa colère et offrir une meilleure offrande.
Caïn avait le choix de combattre la jalousie en faisant ce qui est bien !
Tout pouvait s’arrêter là. Mais il n’a pas suivi le conseil de Dieu de bien agir, et a laissé la bête de la jalousie se déchaîner en lui. Elle a transformé ses désirs profonds et il est devenu un assassin. La jalousie finit toujours par concrétiser ses désirs et ses envies, à un moment donné.
Nous sommes tous tentés d’une manière ou d’une autre, mais nous ne sommes pas obligés de céder.
v.8 « Caïn dit à son frère Abel : « Sortons ! » Dehors, dans les champs, Caïn se jette sur son frère Abel et il le tue. »
Le désir mauvais de Caïn l’a poussé à tuer Abel secrètement à cause de la jalousie qui a fait rage en lui. Caïn savait que son frère n’était coupable de rien et que donc cette mise à mort était injuste. C’est pour cela qu’il a commis ce meurtre en secret.
C’est une tragédie, une seule personne qui n’a pas pu se maîtriser a entraîné toute sa famille dans les tourments et dans la tristesse.
Nous lisons dans la première épître de Jean : « En effet, voici le message que vous avez entendu depuis le début : aimons-nous les uns les autres. Ne faisons pas comme Caïn. Il appartenait au Mauvais et il a tué son frère. Pourquoi est-ce qu’il l’a tué ? Parce que les actions de Caïn étaient mauvaises, et celles de son frère étaient justes. » (1 Jean 3.11-12)
Nous sommes prévenus : ne faisons pas comme Caïn !
Faisons attention au Caïn qui peut se cacher en nous.
Quelles leçons pouvons nous tirer de l’histoire de Caïn et Abel ?
La première leçon est celle que le Christ Jésus nous enseigne dans le chapitre 7 de Matthieu : nous devons reconnaître l’arbre à ses fruits. « Un arbre malade produit de mauvais fruits ! »
«Faites attention aux faux prophètes! Ils viennent à vous, habillés avec des peaux de moutons. Mais au-dedans, ce sont des loups féroces. Vous les reconnaîtrez en voyant ce qu’ils font. On ne cueille pas du raisin sur des cactus! On ne cueille pas des figues sur des plantes piquantes! Oui, un bon arbre produit de bons fruits, un arbre malade produit de mauvais fruits. Un bon arbre ne peut pas produire de mauvais fruits, et un arbre malade ne peut pas produire de bons fruits. Quand un arbre ne produit pas de bons fruits, on le coupe et on le jette dans le feu. »(Matthieu 7.15-19)
Comme pour un arbre, le fruit de la jalousie n’apparaît immédiatement à terme.
Tôt ou tard, nous reconnaîtrons la jalousie, à l’œuvre dans une personne, à sa conduite. Ce que nous faisons est le reflet de ce qu’il y a au-dedans de nous.
Dans la vie de tout chrétien né de nouveau, il y aura toujours du bon fruit à récolter ! Là où l’Esprit de Dieu demeurer, il y aura toujours du fruit : un bon caractère, la paix, la joie, l’amour, la patience, la maîtrise de soi… Tout cela est un fruit spirituel et non pas simplement de bonnes œuvres. Les œuvres accompagnent les fruits.
Les gens ne peuvent faire semblant que pendant un certain temps. Les mauvais arbres se verront tôt ou tard.
Comme autre leçon à tirer de notre récit, il faut être conscient que la jalousie peut s’insinuer dans notre esprit même face à des personnes que nous ne connaissant pas bien. Tout cela parce que nous percevons chez eux un avantage qui nous est inaccessible. Elle peut ainsi nous envahir lorsque les autres reçoivent davantage ou s’épanouissent mieux que nous.
La jalousie peut se manifester sous une certaine forme de tristesse face à la joie des autres.
La jalousie peut nous rendre hostile envers ceux qui n’ont jamais eu l’intention de nous nuire.
Nous avons l’exemple des frères de Joseph, qui n’avait pourtant rien fait de son propre chef : « Israël préférait Joseph à tous ses frères car il l’avait eu dans sa vieillesse. Il lui fit une tunique princière 4et ses frères virent qu’il le préférait à eux tous ; ils le prirent en haine et ne pouvaient plus lui parler amicalement.
Joseph eut un songe qu’il fit connaître à ses frères et ils le haïrent encore davantage. « Ecoutez donc, leur dit-il, le songe que j’ai eu. Nous étions en train de lier des gerbes en plein champ quand ma gerbe se dressa et resta debout. Vos gerbes l’entourèrent et se prosternèrent devant elle. » Ses frères lui répondirent : « Voudrais-tu régner sur nous en roi ou nous dominer en maître ? » Ils le haïrent encore davantage pour ses songes et pour ses propos.
Joseph eut encore un autre songe qu’il raconta à ses frères : « Voici, dit-il, j’ai eu encore un songe : le soleil, la lune et onze étoiles se prosternaient devant moi. » Il le raconta à son père comme à ses frères ; son père le gronda et lui dit : « Quel songe as-tu eu là ! Aurons-nous, moi, ta mère et tes frères, à venir nous prosterner à terre devant toi ? » Ses frères le jalousèrent, mais son père retint la chose. » (Genèse 37.3-11)
Heureusement la providence divine s’est servi de cette jalousie pour renverser les conséquences de l’acte horrible des frères qui ont vendu Joseph comme esclave : « Dieu m’a envoyé devant vous pour vous constituer des réserves de nourriture dans le pays, vous permettre de vivre et à beaucoup d’entre vous d’en réchapper. Ce n’est donc pas vous qui m’avez envoyé ici, mais Dieu. Il m’a promu Père du Pharaon, maître de toute sa maison et régent de tout le pays d’Egypte. » (Genèse 45.7-8)
Comment vaincre la jalousie
Rare sont les hommes et femmes qui ne sont pas au prise avec la jalousie, pour une raison ou une autre, à un moment ou à un autre.
Pour vaincre ce monstre, nous devons réfléchir et reconnaître que dans un monde où le mal existe, nous devons tout mettre en œuvre pour que le mal ne nous imprègne pas, et ne domine pas sur nous : gardons nos cœurs plus que toute autre chose (Proverbes 4.23).
Nous devons donc aimer la vérité, être honnête et reconnaître lorsque nous avons fait du mal aux autres.
Ensuite, il nous faut apprendre à être heureux avec ce que Dieu nous donne, être dans ce contentement dont parle l’apôtre Paul : «[…] car j’ai appris à me contenter de l’état où je me trouve. Je sais vivre dans l’humiliation, et je sais vivre dans l’abondance. En tout et partout, j’ai appris à être rassasié et à avoir faim, à être dans l’abondance et à être dans la disette. Je puis tout par celui qui me fortifie. »(Philippiens 4.11-13)
La jalousie est arrêtée lorsque nous sommes contents de ce que Dieu fait dans nos vies.
Nous savons que nous avons découvert Dieu lorsque nous croyons fermement en Sa bonté quoiqu’il arrive !
Enfin, apprenons à nous réjouir sincèrement des qualités, des succès, des avantages de nos frères et sœurs.

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