MATTHIEU 11.2-11 QU’ATTENDONS-NOUS D’UN MESSIE ?

MATTHIEU 11.2-11 QU’ATTENDONS-NOUS D’UN MESSIE ?

Prédication Culte du 18 décembre 2022 par le Pasteur Claude Missidimbazi

« 2 Or Jean, dans sa prison, avait entendu parler des oeuvres du Christ. Il lui envoya demander par ses disciples : 3 « Es-tu “Celui qui doit venir” ou devons-nous en attendre un autre ? » 4 Jésus leur répondit : « Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et voyez : 5 les aveugles retrouvent la vue et les boiteux marchent droit, les lépreux sont purifiés et les sourds entendent, les morts ressuscitent et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres ; 6 et heureux celui qui ne tombera pas à cause de moi ! » 7 Comme ils s’en allaient, Jésus se mit à parler de Jean aux foules : « Qu’êtes-vous allés regarder au désert ? Un roseau secoué par le vent ? 8 Alors, qu’êtes-vous allés voir ? Un homme vêtu d’habits élégants ? Mais ceux qui portent des habits élégants sont dans les demeures des rois. 9 Alors, qu’êtes-vous allés voir ? Un prophète ? Oui, je vous le déclare, et plus qu’un prophète. 10 C’est celui dont il est écrit : Voici, j’envoie mon messager en avant de toi ; il préparera ton chemin devant toi. 11 En vérité, je vous le déclare, parmi ceux qui sont nés d’une femme, il ne s’en est pas levé de plus grand que Jean le Baptiste ; et cependant le plus petit dans le Royaume des cieux est plus grand que lui. »

‭‭(Matthieu‬ ‭11‬:.2‬-‭11‬)

Introduction

La fête de Noël commémore la venue de l’Éternel dans Sa création, limitée par le temps et l’espace.

Dieu est devenu un être humain en naissant d’une femme.

Dans ce contexte, l’Avent est un temps d’approfondissement de la foi où croyants et non croyants disposent leur cœur à la venue du Dieu fait homme.

À la même époque où le Christ Jésus a vécu, un autre homme, Jean Le Baptiste avait accepté une mission du Très Haut : préparez l’arrivée du Messie, pour que les gens soient prêts à accueillir Son message d’amour et de salut.

La Bible est honnête : nous avons ici un homme unique, vrai, exceptionnel, le plus grand des prophètes avant la Nouvelle Alliance, selon les dires du Christ, qui passe pourtant ici par un moment de doute.

Dans notre passage il est question du découragement de Jean le Baptiseur, mais aussi de la réponse du Christ à sa situation.

Ce récit nous permet de nous interroger : Qu’attendons nous d’un Messie ?

Depuis la venue du Christ, voyons nous l’humanité transformée, la paix et la justice dans le monde, la disparition des violents et criminels infâmes ?

Nous posons nous les mêmes questions que Jean le Baptiseur dans sa prison ?

Jean, un prophète exceptionnel

v.2-3 « Or Jean, dans sa prison, avait entendu parler des oeuvres du Christ. Il lui envoya demander par ses disciples : « Es-tu “Celui qui doit venir” ou devons-nous en attendre un autre ? » »

Jean, ce porte-parole de Dieu exceptionnel, exprime ici ses doutes.

Son séjour en prison, a dû changer beaucoup de choses pour Jean, qui connaissait pourtant bien son cousin Jésus, et ce depuis longtemps.

L’épreuve révèle toujours ce qui est caché en nous. Mais il est bon de douter et ne pas faire semblant que tout va bien quand ce n’est pas le cas.

Le Christ Jésus parle de Jean avec beaucoup d’éloges. Ce qu’Il dit de lui est remarquable : 

v.7 « Comme ils s’en allaient, Jésus se mit à parler de Jean aux foules : « Qu’êtes-vous allés regarder au désert ? Un roseau secoué par le vent ? Alors, qu’êtes-vous allés voir ? Un homme vêtu d’habits élégants ? Mais ceux qui portent des habits élégants sont dans les demeures des rois. Alors, qu’êtes-vous allés voir ? Un prophète ? Oui, je vous le déclare, et plus qu’un prophète. C’est celui dont il est écrit : Voici, j’envoie mon messager en avant de toi ; il préparera ton chemin devant toi. En vérité, je vous le déclare, parmi ceux qui sont nés d’une femme, il ne s’en est pas levé de plus grand que Jean le Baptiste ; et cependant le plus petit dans le Royaume des cieux est plus grand que lui. »

Le Christ désigne Jean comme le précurseur du Messie, le messager annoncé par le prophète Malachie (chapitre 3, verset 1).

Pour le Christ, Jean est plus qu’un prophète, il est le plus grand des prophètes : par son courage, sa fidélité, sa modestie, son austérité…

Jean le Baptiseur est très grand, par sa position de précurseur, sur le seuil du Règne de Dieu, il est plus grand que ses prédécesseurs : lui, il a vu le Messie.

Cependant, ceux qui sont après La Croix ont acquis plus de privilèges que Jean le Baptiseur. C’est pour cela que le Christ affirme que le plus petit dans le Royaume de Dieu est plus grand que Jean.

Des œuvres qui ne cadrent pas avec les attentes de Jean 

v.3 « Es-tu “Celui qui doit venir” ou devons-nous en attendre un autre ? » 

Qu’est-ce qui est arrivé ou plutôt qu’est-ce qui n’est pas arrivé pour que Jean le Baptiseur ne sache plus quoi penser du Christ ?

Ce que Jean entend dire à propos de Jésus ne correspond pas à son attente.

Le Christ Jésus semble tarder à opérer la suite de la prophétie de Malachie, à savoir la purification du peuple par le feu : 

Malachie 3.1-5 « Voici que je vais envoyer mon messager, pour qu’il fraye un chemin devant moi. Et soudain il entrera dans son sanctuaire, le Seigneur que vous cherchez; et l’Ange de l’alliance que vous désirez, le voici qui vient! dit Yahvé Sabaot. 

Qui soutiendra le jour de son arrivée ? qui restera droit quand il apparaîtra ? Car il est comme le feu du fondeur et comme la lessive des blanchisseurs. Il siégera comme fondeur et nettoyeur. Il purifiera les fils de Lévi et les affinera comme or et argent… […] Je m’approcherai de vous pour le jugement et je serai un témoin prompt contre les devins, les adultères et les parjures, contre ceux qui oppriment le salarié, la veuve et l’orphelin, et qui oppriment l’étranger, sans me craindre, dit Yahvé Sabaot. »

Sur la base des œuvres qu’entend Jean, le Christ Jésus n’entre pas dans l’accomplissement de ce qui précède. 

Il ne semble pas jouer Son rôle : Jésus n’entre pas dans le Temple pour purifier ce lieu sacré.

Il ne délivre pas le pays de l’occupant Romain, Il ne corrige pas les injustices sociales, Il agit même dans la discrétion, ne voulant pas que Son statut messianique soit révélé partout tout de suite.

Jean le Baptiseur est ainsi déconcerté et il envoie ainsi ses proches poser franchement la question : Jésus est-il « Celui qui doit venir » ? 

L’anatomie du doute 

Nous avons ici, en quelques sortes, l’anatomie du doute.

Le doute existe, dans les circonstances défavorables, quand les choses ne cadrent pas par rapport à nos attentes.

Nous pouvons rester insatisfaits alors que nous avons la foi, que nous avons cru en Dieu et ce qu’Il nous a promis.

Comprenons que tant que nous sommes ici-bas, nous resterons toujours limités et nous n’aurons jamais le plan général de ce que Dieu veut faire.

Le doute existe donc parce que notre vue est limitée, que nous ne comprenons pas totalement les voies du S.eigneur.

Jean le Baptiseur avait besoin d’être rassuré et éclairé, car il s’attendait à ce que le Messie triomphe de la méchanceté, juge le péché et établisse Son royaume.

La question de Jean respire le doute : « Es-tu ´celui qui vient’ ? » fait écho au Psaume 118.26 : « Béni soit au nom de Yahvé celui qui vient ! »

Jean ne demande pas un renseignement objectif ou une confirmation de ce qu’il pense : il est écartelé entre ce qu’il entend raconter d’extraordinaire sur Jésus et l’absence de toute manifestation éclatante de Sa messianité. 

Jean est profondément déconcerté, troublé, plongé dans l’incertitude : l’image qu’il a dû Christ Jésus ne colle pas à l’image qu’il avait du Messie : un Messie redoutable, apocalyptique, violent, qui va éradiquer tous les ennemis du peuple de Dieu.

Le Christ Jésus semble être trop doux et humble de cœur pour être un messie !

Il ne répond pas à ses attentes.

Jean a fini en prison, parce qu’il avait fait ce qui est juste. Il a dit la vérité, dénoncé le mal même des plus grands.

Il pouvait s’attendre à ce que le Messie vienne régler toutes choses et le libérer.

Jean se pose des questions tant sur la personne de Jésus que sur Son action. 

Nous aussi ils nous arrivent de douter et nous poser les mêmes questions dans les moments d’épreuve, de souffrance, de détresse, de deuil, de silence de Dieu, d’apparente absence du Seigneur… 

Nous aussi ils nous arrivent de douter du Christ lorsque nous considérons l’état du monde, les catastrophes, malheurs, injustices, inégalités, guerres, famines, décadence morale…

Nous pouvons être dans le trouble et l’incertitude lorsque l’on voit les sociétés jadis très christianisées se transformer et refuser toutes évocations de Jésus dans les lieux publics.

C’est être honnête que de douter, nous poser des questions sur l’action de Dieu : « Seigneur, je m’attendais à plus ? »

Ces questions sont à vivre dans la foi : personne ne peut répondre à notre place.

Pourtant, face à des attentes qu’il reste encore à combler, à satisfaire, malgré notre perception limitée, nous ne devons jamais oublier que le Christ Jésus est digne de confiance.

Le Christ n’a pas éradiqué la pauvreté en Son temps, ni guéri tous les malades, ni ressuscité tous les morts, mais Il a apporté le Royaume des Cieux.

La réponse de Jésus 

V.4-6 « Jésus leur répondit : « Allez rapporter à Jean ce que vous entendez et voyez : les aveugles retrouvent la vue et les boiteux marchent droit, les lépreux sont purifiés et les sourds entendent, les morts ressuscitent et la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres ; et heureux celui qui ne tombera pas à cause de moi ! » »

La réponse du Christ ne semble pas répondre directement à la situation de Jean.

On peut se poser des questions sur le contenu de Sa réponse : Est-ce que tous les aveugles, infirmes, lépreux, sourds et autres malades ont tous été guéris ?

La réponse est non.

Pourtant le Christ a fait toutes ces choses, mais pas pour tous.

La réponse de Jésus est simple mais indirecte. C’est une liste d’actes bienfaisants tirés du texte d’Ésaïe qui annoncent tous la venue du Messie ou du Salut de Dieu.

Pour qui connaît les Écritures, Jésus s’identifie donc bien à Celui qui vient, Celui que l’on attend.

Les signes sont donnés pour nourrir l’espérance et la confiance en Dieu, et non pour entretenir la crainte.

Le Christ Jésus en a scandalisé ou déçu plusieurs, comme Il le craignait (v.6).

Lorsqu’on a pas compris l’Évangile dans le sens de Dieu, le Christ Jésus peut devenir pour nous une pierre d’achoppement, une occasion de chute.

D’où la nécessité d’étudier les Écritures. 

En effet, la réponse du Christ n’a pas été d’utiliser Son pouvoir, Son autorité pour ouvrir les yeux de Jean, mais Il Se base sur les Écritures, l‘enseignement, pour chasser les craintes et les doutes.

De même, l’Esprit de Jésus utilise encore aujourd’hui les Écritures pour chasser nos doutes.

Le doute n’est pas un péché tant qu’il reste une interrogation saine pour pouvoir nous amener à accepter la réponse de Dieu.

Le doute fait partie de la vie chrétienne.

Notre vue est limitée : laissons donc à Dieu ce que nous ne pouvons pas voir.

La foi véritable s’appuie sur le Dieu qui est solide et inébranlable.

Encore aujourd’hui, on rêve d’un Messie capable d’éradiquer tout le mal et nous faire marcher dans un chemin de victoire.

Encore aujourd’hui la non intervention de Dieu, l’apparente faiblesse des moyens mis en œuvre par le Christ scandalisent et rendent la foi impossible aux yeux de plusieurs.

Où est Dieu quand tout va mal ?

Nous n’avons pas de réponses toutes faites à donner à ceux qui ont subi des malheurs voire des atrocités. Il faut savoir les écouter avec patience et les aimer sincèrement.

Dieu conduit nos vies à Sa manière et selon Ses méthodes. Tout ne se fait pas forcément comme on l’aimerait.

Mais nous avons l’assurance que Celui qui est avec nous ne nous laissera jamais tomber.

N’oublions pas que le péché ronge le monde et détruit les uns et les autres, détruit les relations, etc.

Un jour nous aurons toutes les réponses, et nous comprendrons pourquoi le Seigneur a fait les choses comme Il les a faites. 

Nous comprendrons que dans tout ce que nous avons traversé : Dieu n’a jamais cessé de nous aimer.

La réponse que Jésus donne à Jean est que le Royaume des Cieux est là, que la Bonne Nouvelle est annoncée.

Prions pour que Dieu nous garde sur Son chemin, et que nous ne nous noyions pas dans nos doutes, nos incertitudes. 

Confions au Seigneur ce que nous ne comprenons pas. Prions pour qu’Il nous donne la patience et la sagesse nécessaire, et nous conduise sur Son chemin.

Restons convaincus que Dieu sait ce qu’Il fait.

Il est vrai que notre monde actuelle n’est pas encore le Règne de Dieu. Il est plutôt semblable à un  « chaos de hurlements sauvages »(Deutéronome 32.10). 

Le Messie est bien arrivé, le Royaume de Dieu avance : des signes sont déjà là, d’autres restent toujours à produire.

Au temps de Jésus déjà, Il envoyait Ses disciples en mission : « Jésus leur donna autorité sur les esprits impurs, pour qu’ils les chassent et qu’ils guérissent toute maladie et toute infirmité. » (Matthieu 10.1)

Le Règne de Dieu était arrivé !

Lorsqu’on est capable de s’élever contre l’injustice, lorsqu’on refuse de pactiser avec le mal, le Royaume de Dieu est là.

Lorsqu’on défend les déshérités, ceux qui sont à la frange de la société, lorsqu’on accueille l’étranger, le Royaume de Dieu est là.

Partout où le bien est fait aux autres, c’est un signe de la bonté de Dieu et donc de l’avancée du Royaume de Dieu.

Partout où sont libérés ceux qui sont persécutés, nourris ceux qui ont faim, logés ceux qui n’ont pas de toit… Le Royaume de Dieu est dans ces signes là !

Partout où l’on peut pardonner aux ennemis, demander pardon, reconnaître ses fautes… L’action de Dieu est déjà là.

Conclusion 

Oui, nous pouvons être chamboulés, mais aussi confiants que le Christ Jésus fera ce qu’Il a promis de faire.

Les chrétiens ont des raisons de se réjouir, à cause de la venue du Messie : nous avons déjà goûté aux signes de Son Royaume qui ne pourra jamais être arrêté !

Nous vivons donc peut être un temps de crise mais c’est aussi un temps d’opportunités, un temps de de doute mais aussi d’espérance, d’incrédulité mais aussi de foi.

La victoire est de notre côté parce que : «  Celui qui est en nous est plus grand que celui qui est dans le monde… » (1 Jean 4.4)

Rappelons nous ces paroles du Christ Jésus : « Heureux celui qui ne tombera pas à cause de moi ».

Répondons : « Seigneur nous ne tomberons pas à cause de Toi, parce que nous savons qui Tu es : le Christ, le Fils du Dieu vivant ! »

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