Prédication culte du dimanche 25 janvier 2026 par le pasteur Claude Missidimbazi
«24 A celui qui peut vous garder de toute chute et vous faire tenir sans tache devant sa gloire dans l’allégresse, 25 au Dieu unique notre Sauveur par Jésus Christ notre Seigneur, gloire, grandeur, puissance et autorité, avant tous les temps, maintenant et à jamais. Amen. »
Jude 1.24-25
Introduction
Nous abordons ici le grand sujet de l’adoration, de la louange.
Cela fait partie de la marche dans la vérité : être de vrais adorateurs.
Jude commence son épître en attribuant l’amour et la protection au Père et au Christ.
v.1-2 « 1 Jude, serviteur de Jésus Christ, frère de Jacques, à ceux qui sont appelés, qui sont aimés de Dieu le Père et gardés pour Jésus Christ. 2 Que la miséricorde, la paix et l’amour vous viennent en abondance. »
Et, il conclut sa lettre en louant le Père et le Christ d’avoir protégé les croyants et les avoir présentés devant Dieu.
La louange a un contenu : l’œuvre de Dieu et du Christ.
Et, il faut des expériences en amont pour nourrir notre louange.
Dans toute la Bible, il n’y a pas de meilleure doxologie (paroles d’adoration) que ces versets de Jude : elle contient tous les éléments de la louange adressée à Dieu.
Un contexte où des hérétiques créent du désordre
Il faut comprendre le contexte dans lequel Jude rend grâces et bénit le Seigneur.
Dans cette petite épître, Jude aborde le thème de l’apostasie, c’est-à-dire le fait de s’éloigner de la Foi en se consacrant à de fausses doctrines.
Les propos de Jude sont particulièrement violents à l’encontre des hérétiques, ces faux docteurs répréhensibles pour leurs erreurs doctrinales mais aussi pour leur conduite morale.
Ainsi, lorsque des croyants déprécient la grâce et disent que tout est permis, l’Église doit garder la Foi et faire confiance à Dieu pour protéger et garder Son peuple fidèle.
Ces propagateurs d’hérésies allaient jusqu’à remettre en question la Seigneurie du Christ et le Salut par la grâce !
Quand on s’attaque aux fondements de notre Foi, il faut comme Jude, prendre position sans états d’âme contre ces erreurs, et recadrer les faux prédicateurs !
Ces hérétiques veulent détourner les chrétiens de la Foi, mais Dieu est présent dans Son Église pour garder les fidèles et les préserver de la chute.
C’est après avoir exhorté les chrétiens, que l’auteur Jude se tourne vers Dieu dans une belle louange.
Qu’est-ce que l’adoration ?
Le thème de l’adoration domine la Bible, de la Genèse à l’Apocalypse.
Nous nous rappelons que le péché est survenu lorsqu’Adam n’a pas adoré Dieu, en obéissant au seul commandement qui lui avait été donné.
Le dessein suprême du Seigneur est de Se constituer un peuple racheté pour célébrer et adorer le Dieu souverain.
L’adoration n’est pas quelque chose que nous pratiquerions seulement dans un cadre religieux.
Dieu nous a créés pour être des adorateurs.
L’adoration est quelque chose de naturelle pour l’homme : nous sommes tous des adorateurs soit du Dieu vivant, soit de quelque chose que Dieu a créé.
C’est pour cela que nous sommes souvent exhortés à nous garder des idoles : « Petits enfants, gardez-vous des idoles. » (1 Jean 5.21)
L’adoration est à la vie chrétienne ce qu’est le moteur dans une voiture : elle commence toujours dans le cœur de tout un chacun.
Nous croyons que lorsque l’on comprend l’adoration et qu’on adore réellement Dieu, alors on est profondément satisfait.
L’adoration commence dans un cœur bouillonnant
Dans le psaume 45, un véritable psaume d’amour, nous lisons : « Mon cœur bouillonne de belles paroles. Je dis : Mes œuvres sont pour le roi! Que ma langue soit comme la plume d’un habile écrivain ! » (Psaume 45.1)
Ces versets nous font comprendre que la louange commence dans un cœur qui bouillonne !
La louange commence lorsque le cœur est vibrant pour Dieu : « Mon cœur est tout vibrant de paroles très belles. Je dis : Mon œuvre est pour le roi ! Je voudrais que ma langue soit comme le roseau d’un habile écrivain. »
Le cœur est alors dans un bouillonnement, il déborde de paroles de louanges.
Le processus commence lorsque Dieu nous attire à Lui, nous séduit, nous convainc et Se révèle à nous. C’est alors que notre cœur bouillonne et déborde, et dans ce bouillonnement on s’exprime et on dit de belles paroles à Son sujet.
À partir du moment que la Parole de Dieu nous parvient, lorsque les Saintes Écritures nous sont expliquées, c’est alors qu’il peut y avoir un bouillonnement intérieur.
Comme pour les disciples sur le chemin d’Émmaüs, l’explication biblique va entraîner un changement de direction.
Nous connaissons le récit des disciples découragés, lassés, sur le chemin d’Émmaüs, qui s’éloigne de Jérusalem à la suite de la mort du Christ. Jésus s’approche alors et fait route avec eux. Il a commencé à leur enseigner tout ce qui Le concernait via les prophètes, les écrits, les psaumes : « […] Alors Jésus leur dit : Hommes sans intelligence, et dont le cœur est lent à croire tout ce qu’ont dit les prophètes ! Le Christ ne devait-il pas souffrir de la sorte et entrer dans sa gloire ? Et, commençant par Moïse et par tous les prophètes, il leur expliqua dans toutes les Écritures ce qui le concernait.
[…] Et ils se dirent l’un à l’autre : Notre cœur ne brûlait-il pas au-dedans de nous, lorsqu’il nous parlait en chemin et nous expliquait les Écritures ? Ils se levèrent à l’heure même, retournèrent à Jérusalem […] » (Luc 24.25-27, 32-33)
Il faut qu’il y ait quelque chose qui vient de notre cœur touché par la grâce, touché par la justice de Dieu, touché par le caractère grandiose du sacrifice de Jésus… et quand on prend conscience de ces réalités, de la grandeur de notre Seigneur, de notre Sauveur, le cœur bouillonne et on ne cherche plus les mots pour louer, parce que les mots seront simplement la continuité de notre bouillonnement intérieur.
Le psalmiste dira : « Donnez au Seigneur la gloire de son nom ! Prosternez-vous devant le Seigneur quand éclate sa sainteté ! » (Psaume 29)
C’est notre devoir pour le temps et pour l’éternité, d’honorer, d’adorer, de glorifier Dieu, de se réjouir en Lui, et jouir de la présence de Dieu, au-dessus de toute Sa création.
L’É ternel est digne d’être adoré !
L’adoration c’est apprécier Dieu
La louange, l’adoration, c’est d’abord apprécier Dieu, donner de la valeur au Christ Jésus.
Qui ou quoi règne dans notre cœur ? L’adoration est notre réponse à ce que nous apprécions le plus !
Comment savoir où et quoi adorer ?
Il suffit de suivre la trace de notre temps. Il suffit de suivre la trace de nos dépenses. Il suffit de suivre la trace de nos affections. Il suffit de suivre la trace de nos passe-temps, de nos passions, de nos obsessions. Il suffit de suivre la trace de ce qui fait notre joie.
Au bout de ces pistes, nous trouverons toujours un trône, sur lequel quelqu’un ou quelque chose est assis : c’est là notre dieu !
Est-ce que prendre du temps devant l’Éternel est notre priorité ?
Le cœur d’un disciple, un disciple adorateur, est habité par le Saint-Esprit, qui fait bouillir la marmite spirituelle dans son cœur pour qu’il soit totalement obsédé par Dieu.
Comment Jude apprécie Dieu ici
« A celui qui peut vous garder de toute chute et vous faire tenir sans tache devant sa gloire dans l’allégresse, au Dieu unique notre Sauveur par Jésus Christ notre Seigneur… »
Jude adresse sa louange à Dieu, notre sauveur, malgré le fait qu’il était pleinement conscient qu’il y’avait des hérétiques qui créaient la pagaille dans l’Église.
Pleinement conscient du danger de tomber dans la tentation, de repartir en arrière, d’être attaqué par le péché, Jude dit aux chrétiens de mettre leur confiance dans le Dieu Tout-Puissant : « Dieu est capable de vous garder. »
Le verbe grec traduit par « garder » ici, est un verbe puissant qui signifie « fournir une protection contre les attaques extérieures »
L’apôtre Paul écrira ailleurs : « […] car je sais qui j’ai cru, et je suis persuadé qu’il a la puissance de garder ce que je lui ai confié, jusqu’à ce jour-là. » (2 Timothée 1.12)
Le Seigneur est notre garantie, notre protection, notre assurance car Il est fidèle !
Il est le même qui a protégée Noé et sa famille des eaux déchaînées du Déluge selon 2 Pierre 2.5.
D’un côté, Dieu protège Ses enfants, mais d’un autre côté, les enfants de Dieu
Jude assure aux croyants cette double doctrine de la protection de Dieu mais aussi de la responsabilité de l’homme :
- Il assure aux croyant que Dieu est capable de les préserver de toute chute (v.24), mais leur dit aussi de se conserver dans l’amour de Dieu (v.21)
- Il confirme que Dieu les présentera sans défaut dans la gloire (v.24), mais qu’ils doivent aussi s’édifier eux-mêmes dans la Foi (v.20).
D’un côté, Dieu fait Sa part, mais le croyant régénéré fait aussi sa part. En recevant le don de l’Esprit, le croyant reçoit la capacité de choisir et de faire.
La régénération, œuvre de l’Esprit, renouvelle le cœur (le moi Intérieur) du croyant, rétablissant ainsi les capacités intellectuelles, volitives (relatives à la volonté), morales, émotionnelles et relationnelles de la personne pour connaître, aimer et choisir de servir Dieu.
Jude vibre devant ce Dieu qui est actif, à l’œuvre dans notre Salut.
Il adore le Seigneur parce que, non seulement, Dieu peut nous préserver de toute chute, de tout trébuchement, mais en plus, Il peut nous présenter sans défaut dans Sa présence glorieuse !
Nous sommes incapables d’entrer dans la présence de Dieu par nos propres moyens, mais Dieu, grâce à l’œuvre du Christ nous présente sans reproche dans Sa présence.
Alors que nous nous retrouverons devant le Dieu terrible en sainteté, rien en nous ne pourra susciter d’être chassé ou détruit, car Celui qui fait toute chose nouvelle, Dieu notre Père Lui-même, va nous sanctifier ! Nous sommes revêtus de la justice du Christ (1 Pierre 1.19).
Grâce à leur rédemption, les chrétiens ne sont pas remplis de terreur mais de joie, lorsqu’ils entrent dans la présence de Dieu.
L’adoration c’est attribuer la gloire à Dieu seul
Jude termine son épître en attribuant la gloire à Dieu seul : « […] au Dieu unique notre Sauveur par Jésus Christ notre Seigneur, gloire, grandeur, puissance et autorité… »
On retrouve cette attribut de Dieu (seul, unique, un) dans les Saintes Écritures :
- « […] à Dieu, seul sage, gloire, par Jésus Christ, aux siècles des siècles ! Amen. » (Romains 16.27)
- « Au roi des siècles, au Dieu immortel, invisible et unique, honneur et gloire pour les siècles des siècles. Amen. » (1 Timothée 1.17)
L’adjectif traduit ici par « unique », « seul » dans l’expression « Au Dieu unique », « au seul Dieu » renvoie au « Chema » (« Écoute, Israël ») contenu dans le Deutéronome : « Écoute, Israël : le Seigneur, notre Dieu, le Seigneur est un / L’Éternel, notre Dieu, est le seul Éternel.
Et tu aimeras le Seigneur, ton Dieu de tout ton cœur, de toute ta vie, de toute ton âme, et de toute ta force. » (Deutéronome 6.4-5)
C’est un credo primordial dans la culture juive, qui affirme fortement le monothéisme : il n’y a qu’un seul Dieu.
Il n’y a qu’un seul Dieu, l’unique, le seul, qui S’est fait connaître par le Christ Jésus au monde entier.
Jude oppose cette réponse puissante contre les hérétiques : il n’y a pas d’autre religion à mettre au même rang que la religion de Jésus le Christ !
C’est le Christ Jésus seul qu’il faut suivre, écouter et imiter : c’est le Fils bien aimé du Père en qui Il a mis toute Son affection et qu’Il invite tous les hommes à suivre.
Nous avons à la tête de l’Église un Seigneur et Sauveur immuable, qui est le même hier aujourd’hui et éternellement.
Dieu est le sauveur de Son peuple. Lorsque les temps ont été accomplis, Il a envoyé Son Fils pour nous racheter du péché. Par Jésus-Christ, nous sommes rachetés du péché, de la culpabilité et transférés dans la gloire du Royaume de Dieu.
L’adoration est notre réponse à cette œuvre magnifique. Cela doit nous faire bouillonner de louange !
Conclusion
L’adoration est notre réponse à ce que nous apprécions le plus.
« Au Dieu unique notre Sauveur par Jésus Christ notre Seigneur, gloire, grandeur, puissance et autorité, avant tous les temps, maintenant et à jamais. »
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