Prédication culte du dimanche 30 mars 2025 par le pasteur Claude Missidimbazi
Cette unité, qu’on appelle « le Chant du Serviteur » se compose de cinq parties :
- L’Exaltation (v.52.13)
- L’Étonnement (v.52.14-15)
- La Substitution (v.53.1-6)
- L’Expiation (v.53.7-10)
- L’Intercession (v.53.11-12)
L’Exaltation
« Voici mon serviteur prospérera; Il montera, il s’élèvera, Il s’élèvera bien haut. »
L’Étonnement
« De même qu’il a été pour plusieurs un sujet d’effroi, Tant son visage était défiguré, Tant son aspect différait de celui des fils de l’homme, De même il sera pour beaucoup de peuples un sujet de joie; Devant lui des rois fermeront la bouche; Car ils verront ce qui ne leur avait point été raconté, Ils apprendront ce qu’ils n’avaient point entendu. »
la Substitution
« Qui a cru à ce qui nous était annoncé? Quia reconnu le bras de l’Éternel? Il s’est élevé devant lui comme une faible plante, Comme un rejeton qui sort d’une terre desséchée; Il n’avait ni beauté, ni éclat pour attirer nos regards, Et son aspect n’avait rien pour nous plaire. Méprisé et abandonné des hommes, Homme de douleur et habitué à la souffrance, Semblable à celui dont on détourne le visage, Nous l’avons dédaigné, nous n’avons fait de lui aucun cas. Cependant, ce sont nos souffrances qu’il a portées, C’est de nos douleurs qu’il s’est chargé; Et nous l’avons considéré comme puni, Frappé de Dieu, et humilié. Mais il était blessé pour nos péchés, Brisé pour nos iniquités; Le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui, Et c’est par ses meurtrissures que nous sommes guéris.Nous étions tous errants comme des brebis, Chacun suivait sa propre voie; Et l’Éternel a fait retomber sur lui l’iniquité de nous tous. »
L’Expiation
« Il a été maltraité et opprimé, Et il n’a point ouvert la bouche, Semblable à un agneau qu’on mène à la boucherie, A une brebis muette devant ceux qui la tondent; Il n’a point ouvert la bouche. Il a été enlevé par l’angoisse et le châtiment; Et parmi ceux de sa génération, qui a cru Qu’il était retranché de la terre des vivants Et frappé pour les péchés de mon peuple ? On a mis son sépulcre parmi les méchants, Son tombeau avec le riche, Quoiqu’il n’eût point commis de violence Et qu’il n’y eût point de fraude dans sa bouche. Il a plu à l’Éternel de le briser par la souffrance… Après avoir livré sa vie en sacrifice pour le péché, Il verra une postérité et prolongera ses jours; Et l’œuvre de l’Éternel prospérera entre ses mains. »
L’Intercession
« A cause du travail de son âme, il rassasiera ses regards; Par sa connaissance mon serviteur juste justifiera beaucoup d’hommes, Et il se chargera de leurs iniquités.
C’est pourquoi je lui donnerai sa part avec les grands; Il partagera le butin avec les puissants, Parce qu’il s’est livré lui-même à la mort, Et qu’il a été mis au nombre des malfaiteurs, Parce qu’il a porté les péchés de beaucoup d’hommes, Et qu’il a intercédé pour les coupables. »
Ésaïe 52.13 à 53.12
Introduction
Jesus le juste souffrant est l’Agneau de Dieu qui porte et emporte le péché de l’humanité.
Ce chant prophétique, appelé « Chant du Serviteur de l’É.ternel », montre comment la souffrance peut être portée d’une manière telle qu’elle devient bénéfique pour d’autres.
Cette partie du chant nous parle de l’héritage du Serviteur souffrant : « Il a plu à l’Éternel de le briser par la souffrance… Après avoir livré sa vie en sacrifice pour le péché, Il verra une postérité et prolongera ses jours; Et l’œuvre de l’Éternel prospérera entre ses mains. » (v.10-11)
Quel est donc l’héritage de Jésus après tant de souffrances et une mort atroce ?
Le terme héritage désigne le patrimoine qu’une personne laisse, à ses bénéficiaires, à son décès. Il implique aussi parfois tout ce qui est transmis du passé, comme d’un ancêtre ou d’un prédécesseur.
Concernant le Christ Jésus, cela englobe le Premier et le Nouveau Testament.
En effet, les deux testaments parlent du Messie souffrant qui devait venir, qui est venu et qui accomplit l’œuvre de Son Père.
Il a été annoncé par les prophètes dans le Premier Testament et Il a accompli ces prophéties dans le Nouveau Testament.
Les versets 10 et 11 nous donne de braquer le projecteur sur le Serviteur, Sa souffrance mais aussi la satisfaction de Son œuvre.
Le traitement cruel du Serviteur souffrant ne mène pas à l’échec mais au succès
« Il a plu à l’Éternel de le briser par la souffrance… »
Une autre version dit : « Yahvé a voulu l’écraser par la souffrance… »
L’idée maîtresse du verset 10 se concentre sur ce que le Seigneur a fait à Son Serviteur.
La volonté du Père était de sauver l’humanité : Il avait besoin d’un médiateur, d’un agneau sans tâche et sans ride.
Cet agneau est le Christ Jésus !
Tout ce que Jésus a accompli a été programmé par le Père, le Fils et l’Esprit Saint. Jésus est l’instrument de cette riche bénédiction.
Le prophète insiste donc : le Père a pris l’initiative de briser Son Fils par la souffrance.
La souffrance abîme toujours et souvent fait exploser. C’est pour cela que face à la souffrance nous sommes les premiers à demander à Dieu de nous en libérer.
Pourtant, ici, c’est bien le Père qui a décidé que le Christ devait souffrir.
Toutefois, ce n’était pas dans le but de l’abîmer pour toujours : le Père avait tout préparé pour restaurer Son Fils après qu’Il a livré Sa vie.
Les désirs et les plans de Yahvé saturent ce verset.
Il est question ici de l’héritage de Jésus :
- Dès le début de ce poème il est affirmé que « Voici mon Serviteur prospèrera… » (v.52.13)
- Et aux versets 10 à 12, ce succès est réaffirmé : « Après avoir livré sa vie en sacrifice pour le péché, Il verra une postérité et prolongera ses jours; Et l’œuvre de l’Éternel prospérera entre ses mains. À cause du travail de son âme, il rassasiera ses regards»
Pourtant entre ces deux passages, on peut compter des siècles déjà entre l’annonce et la venue concrète du Serviteur. Et du temps, des difficultés, des souffrances tout au long de Sa vie ici bas, Sa mort, Sa résurrection, Son ascension, Son exaltation, et bientôt Son retour.
Cependant, avant même Son retour, le juste Serviteur a déjà du succès : l’Église est la preuve de Son succès : « Il verra sa postérité » !
Le prophète nous enseigne ici que le traitement cruel que le Serviteur souffrant allait recevoir ainsi que le fait que des mains cruelles Lui ôteraient brutalement la vie était un succès et non un échec.
Lorsque l’on meurt dans la trentaine, on peut parler de mort prématurée. Mais le Christ a été emporté, fauché dans la fleur de l’âge.
Cependant cette mort a été un triomphe et non une tragédie ! Le Christ a été vainqueur et non une victime.
Le Serviteur a un riche héritage
Dans ce verset, le prophète annonce à la fois la descendance du Serviteur, la prolongation de Sa vie et l’exaltation de Sa vie.
- La descendance du Serviteur
Le Christ a eu une descendance spirituelle
Le sacrifice du Christ Lui permettra d’engendrer une descendance spirituelle : celui qui croit en Jésus et Le reçoit dans son cœur, est adopté et devient enfant de Dieu.
Nous lisons en effet dans l’évangile de Jean : « Mais à tous ceux qui l’ont acceptée, à ceux qui croient en son nom, elle a donné le droit de devenir enfants de Dieu, puisqu’ils sont nés non du fait de la nature, ni par une volonté humaine, ni par la volonté d’un mari, mais qu’ils sont nés de Dieu. » (Jean 1.12-13)
Et aussi : « Voyez quel amour le Père nous a témoigné pour que nous soyons appelés enfants de Dieu! Et nous le sommes! » (1 Jean 3.1)
- La prolongation de la vie du Serviteur
Le Christ prolongera Ses jours : La vie du Christ a été prolongé par Dieu.
La mort du Serviteur ne devait pas être la fin du Serviteur mais la prolongation de Sa vie. La mort ne pouvait le garder dans la tombe !
L’apôtre Paul écrit ainsi : « Christ est mort pour nos péchés, conformément aux Ecritures; il a été enseveli et il est ressuscité le troisième jour, conformément aux Ecritures. » (1 Corinthiens 15.3-4)
Le fait que Dieu ait ressuscité Son Fils du tombeau, le premier dimanche de Pâques est la clef de voûte, la preuve de l’acceptation divine, du bon plaisir et de la satisfaction de l’œuvre de la Croix du Christ.
La mort de Jésus nous donne de nous réconcilier avec le Père, car Sa mort satisfait totalement la justice de Dieu.
Nos iniquités ont été portés par le Christ sur la Croix, et lorsque nous croyons en cela, la justice de Dieu devient notre par la foi.
Comment moi, un pécheur perdu et coupable, pourrais-je comparaître devant un Dieu juste et saint ? Ce n’est que par les meurtrissures de Jesus. Par Son sacrifice, Sa justice est devenue notre justice !
- L’exaltation de la vie du Serviteur
Il s’agit de la prospérité du Christ !
Les souffrances du Christ n’ont pas été gaspillées mais ont été couronnées de succès, car la volonté de Dieu a prospéré à travers elles.
La mort du Christ an accompli le Salut éternel des élus de Dieu.
Le Serviteur « est entré une fois pour toutes dans le sanctuaire, non pas avec du sang de boucs et de jeunes taureaux, mais avec son propre sang, nous ayant acquis une rédemption éternelle. » (Hébreux 9.12)
Le Christ nous offre le pardon de nos péchés, le rachat de nos âmes, la rédemption éternelle !
C’est de cela dont nous avions réellement besoin : en tant que pécheurs perdus, c’est la seule vraie solution qu’il nous fallait !
Dans l’Apocalypse nous constatons l’immense succès de notre S eigneur : « Après quoi, voici qu’apparut à mes yeux une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, de toute nation, race, peuple et langue ; debout devant le trône et devant l’Agneau, vêtus de robes blanches, de palmes à la main, ils crient d’une voix puissante : » Le salut à notre Dieu, qui siège sur le trône, ainsi qu’à l’Agneau ! « »(Apocalypse 7.9-10)
Ceux qui ont été prédestinés au Salut sont déjà dans la gloire : notre séjour terrestre ne pourra jamais arrêter notre marche avec Dieu.
Le Christ continue à rassembler Son peuple et prendre soin de Son héritage.
Nous sommes l’héritage que le Père à confié à Son Fils. Nous sommes entre Ses mains. Les rachetés ne peuvent donc pas être perdus !
Le Serviteur sera satisfait du fruit de Son travail
« A cause du travail de son âme, il rassasiera ses regards; Par sa connaissance mon serviteur juste justifiera beaucoup d’hommes, Et il se chargera de leurs iniquités. » (v.12)
C’est l’une des déclarations les plus complètes à propos de la théologie de l’expiation : « A la suite de l’épreuve endurée par son âme, il verra la lumière et sera comblé. Par sa connaissance, le juste, mon serviteur, justifiera les multitudes en s’accablant lui-même de leurs fautes. » (Ésaïe 53.12, version de la Bible de Jérusalem)
Nous savons nous-mêmes combien il est bon de pouvoir se réjouir, profiter du fruit de son travail.
Le Serviteur Lui aussi devait voir le fruit de Son travail et en être satisfait !
Le Salut des âmes est une grande satisfaction pour le S.eigneur Jésus.
Le Serviteur connaît les besoins à satisfaire et ce qui doit être satisfait.
En tant que juste, le Serviteur est exempt de tout péché mais Il S’est identifié à nous pour porter notre péché.
La mort du Christ est fructueuse et non futile : la vie devait résulter de Sa mort !
Le Christ a expliqué clairement que pour avoir du fruit, la mort devait d’abord avoir lieu : « L’heure où le Fils de l’homme va être élevé dans sa gloire est venue. En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. » (Jean 12.23-24 )
Le Seigneur a porté notre péché. Et parce que le Serviteur a porté notre péché et qu’Il est mort, Il porte aussi en Lui les germes de notre résurrection.
Jesus a montré le chemin de la glorification : ce chemin c’est la mort.
La vie de Dieu passe par la mort, la mort du Juste souffrant.
« A cause du travail de son âme, il rassasiera… » : En parlant du travail de l’âme, le prophète est préoccupé ici par les souffrances spirituelles du Serviteur plutôt que par Ses souffrances physiques.
Le parallèle est fait avec les douleurs de l’enfantement : c’est le travail de l’âme du Christ qui a mis au monde notre Salut et nous a sauvé de la mort spirituelle.
Conclusion
Gloire au Seigneur Jésus de ce qu’Il a accepté ce travail si douloureux d’où ressortent une grande paix et une grande satisfaction.
Sa mort a engendré notre vie.
Sa douleur a engendré notre pardon.
Sa souffrance a engendré notre Salut.
Son agonie a produit notre expiation.
Le S eigneur nous regarde et nous aime lorsque nous portons le vêtement de la justice du Christ.
Dans ce monde déchu, beaucoup de choses sont insatisfaisantes, nous sommes des personnes imparfaites et par conséquent tout ce que nous sommes et tout ce que nous faisons peut être frappe de la mention « peut mieux faire ».
Mais le Christ, le Sauveur parfait a opéré un Salut parfait : grâce à Son œuvre Dieu sera glorifié, les croyants pénitents seront justifiés, et Christ sera satisfait !
L’œuvre du Christ sur la Croix n’a rien d’insatisfaisant !
« Parce que le Sauveur sans péché est mort, mon âme pécheresse est considérée comme libre. Car Dieu le juste est satisfait de Le regarder et de me pardonner. »
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