Prédication Culte du 11 octobre 2026 par le Pasteur Claude Missidimbazi
« 1 De nouveau, Jésus se mit à enseigner au bord de la mer. Une foule se rassemble près de lui, si nombreuse qu’il monte s’asseoir dans une barque, sur la mer. Toute la foule était à terre face à la mer. 2 Et il leur enseignait beaucoup de choses en paraboles. Il leur disait dans son enseignement : 3 « Ecoutez. Voici que le semeur est sorti pour semer. 4 Or, comme il semait, du grain est tombé au bord du chemin ; les oiseaux sont venus et ont tout mangé. 5 Il en est aussi tombé dans un endroit pierreux, où il n’y avait pas beaucoup de terre ; il a aussitôt levé parce qu’il n’avait pas de terre en profondeur ; 6 quand le soleil fut monté, il a été brûlé et, faute de racines, il a séché. 7 Il en est aussi tombé dans les épines ; les épines ont monté, elles l’ont étouffé, et il n’a pas donné de fruit. 8 D’autres grains sont tombés dans la bonne terre et, montant et se développant, ils donnaient du fruit, et ils ont rapporté trente pour un, soixante pour un, cent pour un. » 9 Et Jésus disait : « Qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende ! »
10 Quand Jésus fut à l’écart, ceux qui l’entouraient avec les Douze se mirent à l’interroger sur les paraboles. 11 Et il leur disait : « A vous, le mystère du Règne de Dieu est donné, mais pour ceux du dehors tout devient énigme 12 pour que, tout en regardant, ils ne voient pas et que, tout en entendant, ils ne comprennent pas de peur qu’ils ne se convertissent et qu’il ne leur soit pardonné. »
13 Et il leur dit : « Vous ne comprenez pas cette parabole ! Alors comment comprendrez-vous toutes les paraboles ?
14 « “Le semeur” sème la Parole. 15 Voilà ceux qui sont “au bord du chemin” où la Parole est semée : quand ils ont entendu, Satan vient aussitôt et il enlève la Parole qui a été semée en eux. 16 De même, voilà ceux qui sont ensemencés “dans des endroits pierreux” : ceux-là, quand ils entendent la Parole, la reçoivent aussitôt avec joie ; 17 mais ils n’ont pas en eux de racines, ils sont les hommes d’un moment ; et dès que vient la détresse ou la persécution à cause de la Parole, ils tombent. 18 D’autres sont ensemencés “dans les épines” : ce sont ceux qui ont entendu la Parole, 19 mais les soucis du monde, la séduction des richesses et les autres convoitises s’introduisent et étouffent la Parole, qui reste sans fruit. 20 Et voici ceux qui ont été ensemencés “dans la bonne terre” : ceux-là entendent la Parole, ils l’accueillent et portent du fruit, “trente pour un, soixante pour un, cent pour un”. »
21 Il leur disait : « Est-ce que la lampe arrive pour être mise sous le boisseau ou sous le lit ? n’est-ce pas pour être mise sur son support ? 22 Car il n’y a rien de secret qui ne doive être mis au jour, et rien n’a été caché qui ne doive venir au grand jour. 23 Si quelqu’un a des oreilles pour entendre, qu’il entende ! » 24 Il leur disait : « Faites attention à ce que vous entendez. C’est la mesure dont vous vous servez qui servira de mesure pour vous, et il vous sera donné plus encore. 25 Car à celui qui a, il sera donné ; et à celui qui n’a pas, même ce qu’il a lui sera retiré. » »
Introduction
Dans le contexte, la journée avait été longue et riche en émotions pour Jesus. Tout d’abord, Sa mère et Ses frères étaient venus pour tenter de Le ramener de force à Nazareth afin de Le protéger (Marc 3.21). Puis les scribes L’avait accusé d’être de mèche avec les forces du mal, ce à quoi le Christ avait répondu par un avertissement solennel contre ce blasphème impardonnable (Marc 3.22-30). Il avait ensuite proclamé cette vérité choquante : ses véritables proches n’étaient pas sa mère et ses frères et sœurs biologiques, mais quiconque pratique la volonté de Dieu (Marc 3.31-35).
Dans l’après-midi, le Christ est descendu vers les rives rafraîchissantes du fleuve Galilée pour prêcher la Bonne Nouvelle du Royaume. Les versets 1 et 2, du chapitre 4, nous décrivent le contexte proche : une foule se rassemble près du Christ, si nombreuse, que Jésus monte s’asseoir dans une barque sur la mer.
Nous retrouvons ici le Christ en tant que héraut de la venue du Royaume de Dieu : « Le Royaume de Dieu est venu, convertissez-vous et croyez en la Bonne Nouvelle. »
L’enseignement du Christ est très simple : ses exemples Lui sont suggérés par la vie de tous les jours. Il est l’exemple d’un bon enseignant : Tout ce qu’Il vit tout ce qu’Il voit est matière à réflexion et prédication.
Le Christ Jésus a été un observateur perspicace et admiratif de la nature : les lys des champs, le figuier, la vigne, les oiseaux du ciel… Tout apportait matière à prédication.
Le Christ Jésus illustre Sa prédication, en évoquant le paysan qui laboure son champs, le semeur qui choisit la bonne semence, le moissonneur qui amasse le bon grain, le pécheur qui trie avec soin le contenu de son filet, le vigneron qui soigne sa vigne, le berger qui aime ses brebis et cherche celle qui s’est égarée, l’entrepreneur qui calcule la dépense avant le début des travaux et qui veille à poser la maison sur de bonnes fondations.
Tel est Jésus : un grand enseignant d’un Évangile simple.
La Parole de Dieu est la semence par excellence
La parabole que nous lisons aujourd’hui s’appuie sur une image agricole, riche et familière à tous : un homme semant les graines au rythme de ses pas, en arpentant son champs.
La graine, ou la semence, est un symbole parfait et puissant de la Parole de Dieu jaillissant à la vie.
En chaque graine réside un potentiel de vie presque infini. La Parole de Dieu est la graine par excellence.
Parce que le Christ Jésus prend le temps d’expliquer cette parabole, nous savons que le semeur, c’est le Christ Lui-même, ainsi que toute personne qui diffuse la Parole de Dieu, que ce soit par la prédication ou même un échange personnel.
Le sol représente les différentes conditions des cœurs humains sur lesquels la semence est jetée.
Alors que le semeur jette sa semence, une partie tombe au bord du chemin et les oiseaux viennent tout picorer (v.4). Le semeur sème à nouveau et la graine tombe sur un sol rocailleux où elle germe rapidement pour finir par se brûler sous le soleil palestinien (v.5-6). Ensuite, Le semeur sème dans une autre direction, les graines tombent parmi les épines où elles sont étouffées et ne peuvent pas pousser. Enfin, d’autres graines semées sur un sol fertile, se multiplient merveilleusement.
Le Christ termine cette parabole avec le verset 9 : « Et Jésus disait : « Qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende ! » »
Mais nous voyons bien que même Ses disciples étaient dans le flou. Quand Jésus fut à l’écart, ceux qui l’entouraient avec les Douze se mirent à l’interroger sur les paraboles. Et il leur disait : « A vous, le mystère du Règne de Dieu est donné, mais pour ceux du dehors tout devient énigme pour que, tout en regardant, ils ne voient pas etque, tout en entendant, ils ne comprennent pas de peur qu’ils ne se convertissent et qu’il ne leur soit pardonné. » »
En substance, le Christ disait de manière énigmatique que l’état du cœur de chacun détermine sa réceptivité à la vérité.
Dieu nous confronte à Sa vérité sans cesse. Ceux qui reçoivent la vérité et agissent en conséquence, en reçoivent davantage. Ceux qui rejettent la vérité, ceux qui ne l’appliquent pas, finiront par perdre le peu qu’ils possèdent.
La vérité changent les cœurs ou elle les endurcit.
Si nous écoutons la Parole de Dieu à maintes reprises, et refusons d’y répondre encore et encore, il viendra un moment où nous serons tellement endurcis que non seulement nous ne voudrons pas, mais nous ne pourrons plus y répondre.
Nous devons donc nous engager à toujours répondre positivement à la vérité de Dieu. Une excellente discipline spirituelle consiste à répondre à la vérité en disant : « Dieu m’a parlé et je le ferai ! »
Un appel à écouter
À partir du verset 14, le Christ Jésus nous donne l’explication détaillée de cette Parabole. Il interprète cette parabole pour nous.
v.14 « “Le semeur” sème la Parole ».
L’explication de la Parabole par Jésus commence par cette phrase importante et capitale qui nous guide et donne la signification même de la Parabole.
Le semeur sème la parole. Nous savons que dans le Premier comme dans le Nouveau Testament, la Parole de Dieu a plusieurs fonctions : la Parole crée, la Parole révèle, la Parole juge, la Parole restaure, la Parole recrée (Psaume 19, 119) !
Il ne s’agit pas de s’attarder sur les types de sol qui reçoivent la semence : la puissance de cette parabole, c’est la Parole de Dieu, la Parole du règne de Dieu !
Comment le Règne de Dieu vient-il ? Comment le Royaume de Dieu grandit t’il dans notre vie ? Cela se fait par la Parole.
Au verset 3, le Christ Jésus commence par nous dire : « Écoutez ! »
C’est un appel à l’écoute comme au chapitre 6 du Deutéronome, le fameux « Shema »(Écoute).
Dans le texte original, nous avons un impératif présent : nous devons donc apprendre à prêter attention et répondre à la Parole de Dieu tout le temps, sans cesse.
Cette injonction de l’écoute, cette injonction à écouter, à entendre parcourt tout le chapitre (vv.3, 9, 15, 16, 18, 20, 23, 24) : entendez, écoutez, faites attention, soyez attentifs !
Nous pouvons entendre la Parole sans que cela ne change quoique ce soit en nous.
Quelle est la qualité de notre écoute ? La manière dont nous écoutons aura toujours des conséquences sur nous.
Nous devons apprendre à écouter le Christ. Il nous parle sans cesse via les Saintes Écritures.
Quatre types d’auditeurs
1/ Au verset 15, nous avons le premier type d’auditeurs : ceux qui sont au bord du chemin où la Parole est semée. Quand ils ont entendu, le satan vient aussitôt enlever la Parole qui a été semée en eux.
Leur cœur est aussi dur que le chemin qui longe le champs.
Ceux sont des gens aux oreilles insensibles, des personnes qui se sont endurcies. Ils ne veulent pas se rendre disponibles pour obéir, ils contestent et remettent en cause l’autorité des Écritures. Les cœurs endurcis de ces auditeurs ne laissent pas la possibilité à la Parole de pénétrer au plus profond d’eux, au-delà de la surface de leurs pensées.
2/ Aux versets 16-17, le deuxième type d’auditeurs sont ces personnes qui ont des cœurs superficiels. Ces auditeurs réagissent immédiatement, acceptant la Parole proclamée avec enthousiasme. Leur réponse est précipitée sans examen approfondie de ses implications. Mais, la Parole est incapable de pénétrer leur vie intérieure et d’exercer une emprise transformatrice sur leur nature. L’influence de la Parole est rapidement stoppée, car l’ancienne nature reste toujours là.
Leur nature superficielle s’enthousiasme facilement mais se refroidit aussi vite dès que vient la détresse ou la persécution à cause de la Parole.
Il ne faut pas seulement vivre l’Évangile sur un plan émotionnel, mais elle doit changer profondément tout le cœur : la volonté, les raisonnements, les sentiments…
Ces personnes manquent de conviction, de courage, de stabilité, de persévérance, de résilience… Ce sont les hommes d’un moment, sujets à tout vent de doctrines.
Faute de profondeur, leur vie spirituelle n’a qu’une importance éphémère.
3/ Aux versets 18-19, le troisième type d’auditeurs sont ces personnes qui ont un cœur divisé. Ceux-ci sont indécis, ils ont entendu mais ils ne portent pas de fruits à cause :
- Des distractions, les soucis de ce monde, de cet âge mauvais, qui détournent l’esprit, la volonté, l’énergie des choses importantes et des valeurs durables;
- Des séductions, les appâts, les richesses, les choses matérielles, qui en fin de compte ne sont qu’une supercherie; et
- Des plaisirs de la vie.
Toutes ces choses étouffent la foi, ceux qui vivent dans cette division du cœur, cette double vie, ne peuvent pas avancer.
Leur cœur est divisé par des loyautés inconciliables : ce genre de cœur quand il fait un pas vers le Christ, l’amour de l’argent l’attire dans l’autre sens.
Le Christ a bien expliqué qu’un cœur envahi par l’amour des richesses et des choses de ce monde n’est pas un cœur croyant (Matthieu 6.24). Personne ne peut servir deux maîtres à la fois : ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il sera dévoué à l’un et méprisera l’autre. On ne peut pas servir à la foi Dieu et l’argent.
Ces personnes ont mené une double vie dès le début. Ils veulent gagner sur tous les tableaux mais finissent par tout perdre.
4/ En fait, la Parabole nous parle surtout de la semence qui réussit : la prédication de l’Évangile portera toujours du fruit, elle ne peut pas échouer !
Au verset 20, il y a enfin le dernier type d’auditeurs qui est en contraste avec les catégories précédentes : ils ont été ensemencés dans la bonne terre !
Le verbe semer ici est au temps grec de l’aoriste qui indique une semaille réussie accomplissant le projet du semeur !
La vie de ces personnes se caractérise par leur fécondité : ceux-là qui entendent la Parole, La reçoivent et portent du fruits sans cesse. C’est le temps présent qui est utilisé ici, contrairement aux catégories précédentes. Cela signifie que ce type de personne continue à faire preuve d’une attitude d’écoute qui accueille la Parole, Lui permettant d’accomplir Son dessein dans leur vie.
La vie qui absorbe continuellement la Parole de Dieu, L’assimile et se soumet à Ses exigences, sera caractérisée par la bonté personnelle et la puissance nécessaire à un service continu pour la gloire de Dieu.
Conclusion
Les personnes qui répondent à l’Évangile avec foi sont innombrables, une multitude incalculable. Car une seule personne porte beaucoup de fruits, bien plus que les autres types d’auditeurs infructueux.
La parabole du Semeur, qu’on peut mieux nommer « parabole des quatre sols », reflète d’abord la situation immédiate dans laquelle le Christ Jésus se trouvait lorsqu’Il confrontait le peuple à ce message sur le Royaume. Il a Lui-même rencontré cette diversité de réponses, ces refus, dans un environnement hostile.
La Parole de Dieu est proclamée et provoque toujours une division. Parmi ceux qui L’entendent, le peuple de D.ieu lui La reçoit, La comprend et L’accomplit avec obéissance.
La proclamation fidèle de l’Évangile ne manquera jamais de porter du fruit : une moisson au-delà de nos rêves les plus fous !
Par cette Parabole, le Christ nous appelle à proclamer l’Évangile !
La Parole doit être proclamée, Elle doit être répandue. C’est Elle qui change, restaurent les vies, transforment les cœurs.
C’est un appel à ne pas céder aux doutes.
C’est un appel à la persévérance, un appel à ne pas se décourager si une partie des auditeurs ne portent pas le fruit escompté : il faut rentrer dans la logique de Dieu.
Mettons la Parole de Dieu en pratique dans notre vie, sinon nous La perdrons.
Les racines nous les développons, lorsqu’on écoute, lorsqu’on reçoit, lorsqu’on pratique la Parole.

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