Prédication culte du dimanche 22 Mars 2026 par le pasteur Claude Missidimbazi
« 10 La parole du SEIGNEUR fut adressée à Samuel en ces termes : 11 « Je me repens d’avoir fait de Saül un roi, car il s’est détourné de moi et il n’a pas mis à exécution mes paroles. » L’émotion gagna Samuel, et il cria vers le SEIGNEUR toute la nuit.
12 Samuel se leva de bon matin pour aller à la rencontre de Saül. On vint dire à Samuel : « Sitôt arrivé à Karmel, Saül s’est érigé un monument ; puis il est reparti plus loin et il est descendu à Guilgal. » 13 Samuel se rendit auprès de Saül, et Saül lui dit : « Sois béni du SEIGNEUR ! J’ai mis à exécution la parole du SEIGNEUR. » 14 Samuel dit : « Quels sont ces bêlements que j’entends et ces meuglements qui frappent mes oreilles ? » 15 Saül dit : « Ils les ont ramenés de chez les Amalécites. C’est que le peuple a épargné le meilleur des brebis et des boeufs pour sacrifier au SEIGNEUR ton Dieu. Quant au reste, nous l’avons voué à l’interdit. »
16 Samuel dit à Saül : « Assez. Je vais t’annoncer ce que m’a dit le SEIGNEUR cette nuit. » Il lui dit : « Parle. » 17 Samuel dit : « Bien que tu sois peu de chose à tes propres yeux, n’es-tu pas à la tête des tribus d’Israël ? Le SEIGNEUR t’a oint comme roi d’Israël. 18 Le SEIGNEUR t’a envoyé en expédition et il a dit : “Va. Tu voueras à l’interdit ces pécheurs d’Amalécites et tu les combattras jusqu’à leur extermination.” 19 Pourquoi n’as-tu pas écouté la voix du SEIGNEUR, pourquoi t’es-tu jeté sur le butin et as-tu fait ce qui est mal aux yeux du SEIGNEUR ? » 20 Saül dit à Samuel : « J’ai obéi à la voix du SEIGNEUR. Je suis parti en expédition là où le SEIGNEUR m’avait envoyé. J’ai ramené Agag, roi d’Amaleq, et Amaleq lui-même, je l’ai voué à l’interdit. 21 Le peuple a pris sur le butin du petit et du gros bétail, le meilleur de ce que frappait l’interdit, pour sacrifier au SEIGNEUR, ton Dieu, Guilgal. »
22 Samuel dit alors : « Le SEIGNEUR aime-t-il les holocaustes et les sacrifices autant que l’obéissance à la parole du SEIGNEUR ? Non ! L’obéissance est préférable au sacrifice, la docilité à la graisse des béliers. 23 Mais la révolte vaut le péché de divination, et l’opiniâtreté, la sorcellerie. Puisque tu as rejeté la parole du SEIGNEUR, il t’a rejeté, tu n’es plus roi. »
24 Saül dit à Samuel : « J’ai péché, j’ai transgressé l’ordre du SEIGNEUR et tes paroles. C’est que j’ai eu peur du peuple et je lui ai obéi. 25 Maintenant, je t’en prie, pardonne mon péché et reviens avec moi, que je me prosterne devant le SEIGNEUR. » 26 Samuel dit à Saül : « Je ne reviendrai pas avec toi, car tu as rejeté la parole du SEIGNEUR ; le SEIGNEUR t’a rejeté, et tu n’es plus roi d’Israël. »
Introduction
La rencontre entre le prophète Samuel et le roi Saül est tragique : Samuel constate la désobéissance du roi et Saül tente de se justifier. Et finalement, malgré le repentir et la demande de pardon de Saül, le prophète maintient le rejet de Saül décidé par Dieu.
Ce récit nous sert de leçon sur le danger de la désobéissance.
Le roi Saül a été infidèle aux ordres du S.eigneur. Il avait une fois de plus désobéi, obstiné comme peu d’hommes dans les écritures l’ont été.
Derrière la démarche du prophète Samuel, qui vient confronter le roi, se profile le fait que Dieu parle, agit et cherche toujours le bien de Son peuple.
L’idolâtrie c’est refuser à Dieu l’obéissance
Le prophète affirme ici que la rébellion est aussi pécheresse que la sorcellerie et l’obstination aussi mauvaise que l’adoration des idoles !
Le roi a rejeté la parole du Seigneur, alors le Seigneur l’a rejeté.
- v.19 « Pourquoi n’as-tu pas écouté la voix du SEIGNEUR… ? »
- v.23 « Puisque tu as rejeté la parole du SEIGNEUR, il t’a rejeté… »
- v.26 « car tu as rejeté la parole du SEIGNEUR ; le SEIGNEUR t’a rejeté… »
Ce récit ancien nous met en garde contre la désobéissance via trois réprimandes :
- Obéir vaut mieux que toutes sortes d’activités sacrificielles.
- Se rebeller c’est comme se livrer au démonisme.
- Désobéir n’est pas mieux qu’adorer une idole.
Ces mots sont très forts.
L’idolâtrie c’est refuser à Dieu l’obéissance.
Dieu ne peut pas être avec nous alors que ce que nous faisons est contraire à Sa volonté.
Quand Dieu parle et que Sa Parole est claire, ce qu’Il demande à tout un chacun c’est d’obéir.
Nous ne devons pas tergiverser, nous rebeller mais obéir.
La désobéissance est un drame et un grand danger pour tout chrétien.
Les valeurs que Dieu demande à Son peuple sont l’authenticité, la vérité, la crainte du Seigneur, la joie, et bien sûr l’obéissance.
Même si les sacrifices avaient leurs importances et étaient nécessaires à cette époque, Dieu n’avait pas demandé de sacrifices à Saül dans cette affaire précise.
L’obéissance par laquelle l’homme immole sa propre volonté à plus de prix devant Dieu que le sacrifice.
L’obéissance est la réponse appropriée des hommes au commandement de Dieu.
Dans le Premier Testament, la notion d’obéissance englobe trois choses :
- Écouter. Écouter ce que Dieu dit avec une attention soutenue.
- Garder.
- Agir. Agir selon ce que Dieu a dit.
Nous avons l’exemple du père de la foi, Abraham qui a obéi à Dieu qui l’appelait à aller dans un pays qu’il ne connaissait pas. Abraham a écouté, Abraham a gardé la parole et Abraham a agi selon cette parole.
Dans le Nouveau Testament, le Christ Jésus est l’exemple ultime de l’obéissance : Il a écouté Son Père, a gardé Sa Parole et a agi selon cette Parole.
Le Christ parlait de la joie d’écouter et garder la Parole du Père :
- « Vous ne l’avez pas connu, tandis que moi, je le connais. Si je disais que je ne le connais pas, je serais, tout comme vous, un menteur ; mais je le connais et je garde sa parole. » (Jean 8.55)
- « Si vous observez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme, en observant les commandements de mon Père, je demeure dans son amour. » (Jean 15.10)
- « Si vous m’aimez, vous vous appliquerez à observer mes commandements… » (Jean 14.15)
- « Tout Fils qu’il était, il apprit par ses souffrances l’obéissance. » (Hébreux 5.8)
- « […] il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, à la mort sur une croix. »(Philippiens 2.8)
La puissance de vie de notre Seigneur se trouvait dans l’obéissance !
Derrière le succès et la gloire éternelle du Christ, il y a une obéissance sans faille.
Alors en tant que Ses disciples, nous ne serons jamais heureux sans apprendre l’obéissance. Nos cœurs doivent être entiers, purs et obéissants.
Notre Salut est le produit d’une obéissance sans faille, du S eigneur Jésus qui n’a pas cédé à Ses propres désirs ou envies, et qui a montré le chemin pour tout disciple qui décide de Le suivre.
Nous devons apprendre à actualiser pour nous aujourd’hui ce mot « obéissance ».
Parce que nous pouvons nous cacher derrière nos actes cultuels, venir aux réunions, chanter des cantiques, prêcher, donner sa dîme, etc. Mais si notre cœur n’est pas pur et obéissant, tout ça est sans valeur.
L’anatomie de la désobéissance : elle naît d’un désir avide et idolâtre
La désobéissance de Saül, comme le suggère un théologien, nous offre un cours accéléré sur l’anatomie de la désobéissance.
La désobéissance est tout ce qui n’est pas une obéissance totale et immédiate. Toute obéissance partielle, conditionnelle, ou différée relève d’une rébellion digne de la sorcellerie.
Examinons nous : Y a-t-il des domaines de notre vie où n’obéissons pas pleinement à Dieu ?
Derrière cette rébellion, nous fabriquons des rituels, des substituts à l’obéissance : nous désobéissons à Dieu dans un domaine et nous tentons de nous racheter auprès de Dieu dans d’autres domaines.
La religion tente de nous racheter auprès de Dieu, mais derrière ces œuvres, si le cœur est loin de Dieu, tout cela ne sert à rien.
La religion veut obéir à Dieu mais à ses propres conditions.
L’obéissance c’est écouter Dieu, garder Sa Parole, et agir selon cette Parole.
Nous voyons dans l’anatomie de la désobéissance que nous présente ce récit, que la désobéissance naît d’un désir avide.
Le cœur de la désobéissance de Saül résidait dans son désir d’être un roi célèbre, doté d’un pouvoir de classe mondiale. C’est un peu ce qui l’a guidé : il épargne le roi ennemi, il va épargner le butin pour garder les bonnes grâces du peuple, il va même construire un monument.
Mais chacun de nous a ce type de désir qu’on veut satisfaire, quelque chose qu’on désire ardemment et dont on a besoin pour se sentir heureux et en sécurité.
Notre désir idolâtre et avide d’autres choses alimentent notre désobéissance.
La désobéissance nous éloigne toujours davantage de Dieu, conduisant à un comportement de plus en plus irrationnel.
En lisant tout le récit, nous comprenons que lorsque Dieu va rejeter Saül et va choisir David, l’Esprit de Dieu va le quitter et Saül va être rempli d’un esprit de jalousie et de haine, s’endurcir toujours plus et va sombrer dans une spirale vertigineuse.
L’auteur de l’épître aux hébreux fait allusion à cette épisode et aux versets 22 et 23. En effet, il écrit : « 5 Aussi, en entrant dans le monde, le Christ dit : De sacrifice et d’offrande, tu n’as pas voulu, mais tu m’as façonné un corps. 6 Holocaustes et sacrifices pour le péché ne t’ont pas plu. 7 Alors j’ai dit : Me voici, car c’est bien de moi qu’il est écrit dans le rouleau du livre : Je suis venu, ô Dieu, pour faire ta volonté. 8 Il déclare tout d’abord : Sacrifices, offrandes, holocaustes, sacrifices pour le péché, tu n’en as pas voulu, ils ne t’ont pas plu. Il s’agit là, notons-le, des offrandes prescrites par la loi. 9 Il dit alors : Voici, je suis venu pour faire ta volonté. Il supprime le premier culte pour établir le second. 10 C’est dans cette volonté que nous avons été sanctifiés par l’offrande du corps de Jésus Christ, faite une fois pour toutes. » (Hébreux 10.5-10)
On parle bien ici des offrandes et sacrifices prescrits par la Loi. Mais c’est l’obéissance du Christ qui nous vaut l’acceptation devant Dieu.
L’obéissance est le secret de fécondité de la présence du S.eigneur dans nos vies.
Il existe un chemin de retour vers Dieu après un échec : la repentance
Nous pouvons, comme Saül, rationnaliser notre désobéissance et rejeter la faute sur les autres. Mais Dieu veut notre repentance et notre soumission. Il veut notre cœur.
Existe-t-il un chemin de retour vers Dieu après un échec ? Oui si nous nous repentons.
Lorsque Saül a admis qu’il avait désobéi aux ordres de Dieu, il s’est empressé de se justifier et d’expliquer toutes sortes de circonstances atténuantes.
Il a même essayé de spiritualiser ses échecs. Il voulait convaincre le prophète de ses bons arguments.
Quand on compare cela à la repentance du roi David, ce dernier s’est repenti sans chercher à se justifier dès qu’il a été confronté par le prophète Nathan.
Et nous retenons dans ce merveilleux psaume qu’est le psaume 51, ces versets, où il confesse à Dieu : « Aie pitié de moi, mon Dieu, selon ta fidélité ; selon ta grande miséricorde, efface mes torts. Lave-moi sans cesse de ma faute et purifie-moi de mon péché. Car je reconnais mes torts, j’ai toujours mon péché devant moi. Contre toi, et toi seul, j’ai péché, ce qui est mal à tes yeux, je l’ai fait, ainsi tu seras juste quand tu parleras, irréprochable quand tu jugeras. »
(Psaume 51.3-4)
Les mots du prophète Samuel sont forts :
v.22 « Samuel dit alors : « Le SEIGNEUR aime-t-il les holocaustes et les sacrifices autant que l’obéissance à la parole du SEIGNEUR ? Non ! L’obéissance est préférable au sacrifice, la docilité à la graisse des béliers. »
Nous pouvons assister aux cultes publics mais Dieu veut que notre fidélité soit plus que superficielle. Il souhaite que nous nous consacrions à Lui de tout notre cœur.
La fidélité de Dieu à notre égard s’exprime en partie dans Sa volonté de pardonner.
Les Saintes Écritures nous indiquent la voie à prendre si nous voulons reprendre le chemin de l’obéissance fidèle.
Nous devons suivre les instructions que le Christ Jésus a donné à l’Église à Ephèse dans le livre de l’Apocalypse : « Souviens-toi donc d’où tu es tombé : repens-toi et accomplis les oeuvres d’autrefois. Sinon je viens à toi, et, si tu ne te repens, j’ôterai ton chandelier de sa place. » (Apocalypse 2.5)
Considérons jusqu’où nous sommes tombés. Repensons à l’époque où nous aimons davantage le Christ. Réfléchissons à comment et pourquoi notre relation avec Jésus a changé.
Repentons nous, retournons vers Dieu dans la tristesse. Et Il nous accueillera avec joie dans Sa miséricorde, dans Son pardon.
Revenons sur nos pas. Faisons les choses que nous faisions au début, lorsque nous marchions plus près de Dieu.
Recommençons à faire ces choses et recommençons à jouir d’une d’une relation intime avec le Père, qui attend de nous restaurer.
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